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Sud-Kivu : La journée internationale des journalistes célébrée par les femmes des médias.

 

Par Prosper Hamuli Birali

Chargé de la Communication PAC

Le 3 mai de chaque année, le monde entier célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse. C’est l’occasion qu’a saisie l’Association des Femmes des Médias (AFEM) pour conscientiser la communauté sur l’importance et l’intérêt d’associer plus de femmes à la gestion du devenir collectif en facilitant leur participation dans les instances de prise des décisions à tous les niveaux. Pour ce faire, un café de presse a été organisé dans les installations de l’ONG internationale INTERNEWS en partenariat avec Congo News et avec l’accompagnement financier de USAID et de la coopération suisse.

 

En effet, le constat est amer. Malgré la présence de quelques femmes aux postes de ministres ou dans les institutions législatives, en général, les femmes, qui forment pourtant plus de 50% de la société congolaise, sont toujours exclues des espaces qui décident de leur destinée. Bien sûr, la province du Sud-Kivu qui n’avait qu’une seule femme ministre provincial en 2008 peut se réjouir d’en avoir six au gouvernement provincial dix ans après, mais cela demeure insuffisant et même marginal.

 

Par leurs efforts, les femmes des médias contribuent à façonner des leaders, à tropicaliser la lutte en faveur de la femme, à donner la parole à la femme là où elle n’aurait pas d’espace autrement surtout devant les hommes, à faire naitre des ambitions chez les femmes, à vulgariser les projets de société conçus ou défendus par les femmes. Malgré tout cela, les progrès de la parité homme – femme en RDC patinent. L’éveil des consciences est lent malgré toute la campagne ‘’RIEN SANS LES FEMMES’’. Le nombre de femmes qui bénéficient d’une promotion reste insignifiant suite à une masculinité hégémonique.

 

C’est donc pour que les choses s’améliorent que, au cours du café de presse, les professionnels des médias, les membres des organisations de la société civile, dont Action pour la paix et la Concorde (APC), les autorités provinciales et les autres partenaires étatiques et paraétatiques qui ont échangé sur « la participation de la femme au processus décisionnel public », ont émis quelques recommandations notamment :

  • S’interdire, en tant que journaliste, de poser aux femmes des questions discriminatoires, celles qu’on ne poserait jamais à un homme ;
  • Partager l’information avec les femmes des milieux ruraux ;
  • Sensibiliser les femmes de valeur à adhérer plus nombreuses aux partis politiques et aux organisations de la société civile ;
  • Inviter les responsables des organes de presse pour qu’ils accordent plus d’espaces à l’expression des femmes ;
  • Former les journalistes à mener et à alimenter les débats publics avec une sensibilité au genre, aux conflits et aux droits ;
  • Identifier les alliés hommes à la lutte pour éviter de figer encore plus les positions des uns et des autres, ce qui risque de se muer en une confrontation systématique qui pousserait les hommes à développer des attitudes de résistance.

 

Quant à elle, APC a lourdement insisté sur l’engagement des hommes aux cotés des femmes estimant que le combat pour la reconnaissance de la contribution des femmes à une société plus équilibrée n’était pas exclusivement féminin. Ensuite, mieux que de se limiter à proposer une collecte des fonds à mettre entre les mains des femmes pour qu’elles les distribuent comme font les hommes, APC estime qu’il est plus judicieux de renforcer les capacités des femmes candidates à identifier et à mobiliser les ressources nécessaires pour leur campagne électorale.  En fin de compte, tout ce qui est favorable au progrès social est profitable à tout le monde. Dans cette optique, il n’y a pas de combat féminin qui affronterait un combat masculin.

Bukavu, 03 Mai 2017 ;

Prosper Hamuli Birali

Chargé de la Communication APC