Vers un Groupe de dialogue transfrontalier ‘’sentinelle’’ de la traversée des frontières de la RDC entre Bukavu et Kamembe.

Vers un Groupe de dialogue transfrontalier ‘’sentinelle’’ de la traversée des frontières  de la RDC entre Bukavu et Kamembe.

Par Prosper Hamuli Birali

Une fois n’est pas coutume, des bénéficiaires d’un projet,  arrêté suite à la clôture du financement, se sont rencontrés ce jeudi, 12 Mai 2022 à Bukavu, pour réfléchir sur la poursuite des réalisations communes en équipe composée de Rwandais et de Congolais comme dans le passé. Il était question d’échanger sur le nouveau visage à donner au Groupe de Dialogue Permanent, GDP, transfrontalier entre Bukavu (RDC) et Kamembe(Rwanda) en vue de lui donner une  nouvelle vie après l’arrêt des financements qui assuraient la logistique des rencontres.

  1. Des bâtisseurs de paix qui refusent de disparaitre !

« Actif depuis 2015, il est impensable que le GDP cesse d’exister alors que beaucoup de choses auxquelles il se consacrait restent à faire. Croiser les bras n’est pas non plus la solution. C’est un manque à gagner », lance d’amblée Didier Katembera. Nous sommes une Association qui contribue au rapprochement des communautés vivant dans les Grands Lacs africains et nous contribuons à la transformation des conflits qui naissent autour des activités nécessitant de traverser une frontière, soutiennent en cœur les autres participants. Et c’est lorsqu’on les entend égrener avec émotion les réalisations de leur GDP que l’on saisit toute la profondeur du cri du cœur de ces hommes et femmes qui ont la nostalgie du passé merveilleux vécu ensemble au prix du  dépassement des stéréotypes et préjugés. « Ce sont les difficultés affrontées en commun qui nous ont fait grandir après la découverte des réalités mutuelles. Et c’est en nous voyant réaliser des activités en commun que les chrétiens catholiques et protestants ainsi que l’ONG COSOPAX ont eu l’idée de monter des programmes transfrontaliers qui ont mobilisé de part et d’autres même des évêques », rappelle Mme Béatrice.

  1. Une expérience exaltante.

La fierté d’avoir contribué à un mieux-être n’est pas la moindre des raisons qu’ont les membres du GDP Bukavu-Kamembe de ne pas se décourager et perdre espoir. Tout le contraire !! Mme Béatrice est prolifique : « Je vois tout le plaidoyer que nous avons fait et qui a abouti à ne plus payer le jeton de marché délivré aux riverains, l’interdiction aux agents du service congolais d’immigration de faire payer le requérant qui sollicite de faire cacheter son passeport pour la première fois, ou encore la fouille respectueuse de la dignité humaine obtenue pour le passage de la douane à Bugarama côté rwandais. » Mme Aurélie enchaine : « Nos capacités ont été renforcées en économie solidaire, stéréotypes et préjugés, genre et mixité, lobbying et plaidoyer.  C’est le moment de mettre tout ça en pratique. » Pour Mme Suzanne, « même si les conflits persistent autour de la traversée, nous nous souviendrons toujours de l’arbre de paix que nous avons planté ensemble Rwandais et Congolais comme contribution à l’éducation à la paix et l’éveil de conscience sur la protection de l’environnement. C’est de là qu’est venu tout le débat sur le respect de la biodiversité du lac Kivu et la gestion des déchets dans la ville de Bukavu qui arrivent jusqu’à nous priver d’électricité lorsqu’ils atterrissent dans les conduites des barrages hydroélectriques qui nous alimentent. »

  1. Une vie après la fin des financements.

Avec le Covid, de nouveaux défis sont nés. « Les femmes qui font le petit commerce transfrontalier souffrent. Elles ont peu de moyens pour vivre et vendre. Comme traverser les frontières est compliqué par les mesures de lutte contre le covid, la solution trouvée, celle d’achats groupés, défavorise celles qui font de petites commandes. Elles reçoivent tantôt ce qu’elles n’ont pas commandé, tantôt des choses de mauvaises qualité, … impossible de discuter, l’argent est déjà parti et la marchandise livrée. Il faut faire quelque chose. Aller voir les services concernés comme on le faisait avant », relève Mme Aurélie. Pour Didier Katembera, « en plus des échanges dans le Groupe WhatsApp existant où il est possible d’organiser un débat et d’en tirer un positionnement sur une question cruciale, position que nous pouvons diffuser sur les réseaux sociaux, rappelons-nous que nous avons créé des clubs de paix dans les écoles à Bukavu et à Kalehe ainsi que des AVEC (Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit) qui dépérissent. Il faut les redynamiser et aller jusqu’à créer et faire fonctionner une AVEC du GDP lui-même. » Mme Béatrice rappelle que « nous avons un document en souffrance. Me Sethi et Didier rédigeaient un document sur les instructions à respecter pour traverser une frontière. Il faut le terminer et le traduire en langues courantes. » Il y a tant de choses à faire, surtout avec les jeunes dont la conscience doit être éveillée sur les méfaits de la manipulation.

  1. S’organiser en Observatoire ? Réseau ? Association transfrontalière ??

« Mon expérience est catégorique. Il n’est pas question de créer une Association de droit mixte entre le Rwanda et le Congo. Nous avons essayé, les Rwandais nous ont dit niet. Or il faut une personnalité juridique pour accéder aux financements », clarifie Mme Aurélie parlant de son expérience avec les chorales de chants religieux qui ont tenté de s’organiser de cette manière. Il serait pourtant envisageable de réfléchir sur une charte consacrant un Réseau où évoluent des Rwandais et des Congolais affiliés à des Associations de droit national dans leurs pays respectifs.

  1. En définitive, que faire pour faire subsister le GDP Bukavu-Kamembe ???

L’Association des Maires Francophones s’est montrée dans le passé très impressionnée par cette collaboration citoyenne transfrontalière telle que la réalisait le GDP. Il se serait intéressant de relancer ces contacts. En plus, la ville de Bukavu est dirigée aujourd’hui par un Maire qui connait personnellement l’apport du GDP à la cohésion sociale transfrontalière entre le Rwanda et la RDC. Ce serait un personne ressource pour des idées constructives.

En définitive, comme le dit si bien Mme Suzanne : « redynamisé le GDP Bukavu-Kamembe peut continuer à rester la sentinelle des contacts professionnels transfrontaliers et continuer le plaidoyer pour faciliter la traversée des frontières. »

Quelle feuille de route concocter pour un renouvellement d’un espace de vigilance sur la facilitation du commerce transfrontalier dans les G rands Lacs africains ?  C’est le principal défi sur la table de bâtisseurs de paix  formés dans le cadre d’un projet de dialogue transfrontalier sans financement et qui sont au chômage aujourd’hui.

Bukavu, le 13 Mai 2022

Prosper Hamuli Birali

LA PROVINCE DU KASAÏ SE DOTE D’UN PLAN D’ACTIONS POUR LA PAIX

LA PROVINCE DU KASAÏ SE DOTE D’UN PLAN D’ACTIONS POUR LA PAIX

Par Janderson Nyembue,

Les membres des communautés du Kasaï ont élaboré le plan d’actions pour la paix dans l’espace Kasaï. Ils se sont livrés à cet exercice au cours d’un atelier tenu du 19 au 20 Avril 2022, dans la commune de Kanzala, ville de Tshikapa en province du Kasaï. Cet atelier a été organisé par l’ONG Action pour la Paix et la Concorde (APC) en partenariat avec Interpeace dans le cadre du projet « renforcer la gouvernance inclusive de la paix en RDC ».  Une cinquantaine d’acteurs venus des différentes zones d’intervention de ce projet à savoir : Kamako, la commune rurale de Kamonia dans le territoire de Tshikapa, Kakenge en territoire de Mweka et la ville de Tshikapa ont pris part à cette activité.

Dans son mot d’ouverture, le vice-gouverneur de la province du Kasaï, Gaston Nkole Tshimuanga a tenu à saluer l’approche participative et inclusive dont APC et son partenaire Interpeace ont fait usage dans ce processus. Il a de ce fait, souligné que la participation de tous ces acteurs permet d’avoir un document complet qui aborde toutes les dimensions de la consolidation de la paix et stabilisation de la province. Etant donné que la province du Kasaï et le pays sont dans une phrase post conflit, un tel travail qui défini des lignes directives pour la consolidation de la paix est très délicat et d’une importance capitale pour la province.  Gaston Nkole Tshimuanga a fait savoir que ce travail mettra en évidence les changements nécessaires et les voies à suivre pour que les autorités de la république démocratique du Congo dirigent, supervisent et facilitent les processus de consolidation de la paix à travers tout le pays en général et au Kasaï en particulier.

« Ces travaux sont d’une importance capitale pour la province du Kasaï. Comme on l’a toujours souligné, la paix n’a pas de prix. Je suis très satisfait du fait que cet atelier ait atteint ses objectifs, tel qu’énoncé dans les termes de référence. Par conséquent, j’exhorte chaque participant à s’approprier ce travail et nous nous engageons en notre tour d’accompagner le processus» a déclaré le vice-gouverneur Gaston Nkole Tshimuanga.

Pendant ces deux jours, les participants ont eu à se pencher sur :

  • les conflits déjà identifiés, leurs causes, leurs conséquences et les acteurs à la base
  • l’ Analyse SWOT (Forces, faibles, menacés et opportunités concernant notre projet)
  • l’identification des axes stratégiques d’intervention, les objectif spécifiques, résultats attendus et indicateur des résultats
  • l’identification des axes stratégiques (action, partie prenante, lieu de l’action, période indicative, responsable de la mise en œuvre)
  • le développement de la stratégie de mise en œuvre du plan ;
  • le développement de la stratégie de suivi et évaluation du plan. Réflexion sur l’implication des femmes en tenant compte de la sensibilité aux conflits ;
  • la réflexion sur l’implication des jeunes en tenant compte de la sensibilité aux conflits (Groupe 2) Stratégies opérationnelles de mise en œuvre du plan;
  • Comment engager les parties prenantes.

Ces différentes parties ont permis de produire les  plans d’action de la paix. Qui seront soumis aux autorités pour adoption.

Les participants ont à l’occasion produit des notes de plaidoyer à adresser aux autorités et partenaires techniques et financiers sur base des besoins ressentis sur le terrain dans le cadre de la paix, c’est notamment sur la question sécuritaire avec un accent sur la prise en charge des policiers, le conflit lié au pouvoir coutumier, confits transfrontaliers avec comme demande « déplacement des bornes entre la RDC et l’ANGOLA » et la note de plaidoyer sur la mise en place des recommandations de la conférence de paix organisée en octobre 2020 entre les communautés de Lulua Demba au Kasaï central et Kuba/Mweka au Kasaï.

A titre de rappel, Interpeace et ses partenaires ont dans le cadre de la mise en œuvre du projet ci-haut cité, organisé plusieurs activités notamment, la cartographie et analyse documentaire des acteurs de la gouvernance de la paix, des initiatives et meilleures pratiques de la paix et l’analyse des conflits dans les zones transfrontalières et des séances des dialogues… Ces différentes activités ont débouché sur les recommandations et plans d’action en termes d’actions à mettre en œuvre et les participants s’y sont penchés pour produire ces plans d’action et notes de plaidoyer.

Pari réussi de la mise en place du Cadre de Concertation Provincial / Sud-Kivu pour la Paix et l’appui au P-DDRCS, CCPAP

Pari réussi de la mise en place du Cadre de Concertation Provincial / Sud-Kivu pour la Paix et l’appui au P-DDRCS, CCPAP

Par Prosper Hamuli Birali

Une centaine d’acteurs publics et privés viennent d’échanger pendant deux jours, soit les 27 et 28 Avril 2022 à Bukavu au Sud-Kivu, pour identifier, comprendre et analyser les approches du P-DDRCS en application de la stratégie d’organisation des consultations et discussions en vue d’engager les acteurs concernés à promouvoir ensemble la paix et la stabilité. Le rôle de chaque acteur vient d’être défini lors de la mise en place de ce CCPAP, enrichi par la définition participative et décentralisée de la feuille de route contenant les actions prioritaires opérationnelles des entités administratives de la province, qui traduit une expression intéressée des acteurs socio-professionnels et communautaires des huit territoires et quatre villes du Sud-Kivu.

L’objectif du CCPAP étant d’appuyer le P-DDRCS dans le processus de relèvement communautaire, de développement économique et d’amélioration de l’environnement sécuritaire, il abordera aussi plusieurs thèmes transversaux et des questions telles que la justice transitionnelle ou la gestion des groupes armés étrangers. Ce qui est une ambition exaltante !

Les présentes assises s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du projet Mchango Wetu Kwa Amani mis en œuvre par le consortium Interpeace, APC et SOFAD avec l’appui technique et financier du fond de cohérence et en étroite coordination du Gouvernement de la RD Congo.

Il sied de rappeler que « Mchango Wetu kwa Amani » est un projet-pilote de réinsertion psycho-sociale et économique encadrant 40 bénéficiaires dont 20 ex-combattants issus des groupes armés et 20 jeunes désœuvrés.

Il s’est assigné et a atteint quatre grands livrables en faveur de ses bénéficiaires, dont trois en termes d’activités génératrices des revenus que sont :

  • une décortiqueuse à la disposition des activités agricoles de production du riz et du maïs dans la plaine de la Ruzizi ;
  • Le montage, par la communauté, d’une savonnerie et une cantine avec des produits divers ;
  • La création d’une Coopérative Communautaire pour la population de la Cité de Kiliba en Territoire d’Uvira dénommée « Tujenge Amani » accompagnée par des mutuelles de solidarité mises en place par ce groupe de quarante jeunes pour un processus de relèvement socio-économique de leurs ménages ;
  • La mise en place, suivie de leur formation, des groupes communautaires de sociothérapie pour un processus de construction progressif de la confiance individuelle et collective.

Le Consortium « Mchango Wetu kwa Amani », qui espère mériter encore plus la confiance des partenaires, note avec satisfaction cette avancée du processus, depuis sa création par le Président de la RDC aux consultations, à l’adoption, au lancement de la stratégie Nationale et sa vulgarisation jusqu’à l’étape actuelle de la mise en place participative des Cadres de Concertations Provinciales pour la Paix et l’Appui au P-DDRCS. Ce processus qui s’engage sur la voie de la décentralisation consacrée par les textes réglementaires de la RDC constitue un gage pour l’appropriation et l’engagement communautaire.

Le consortium espère ainsi voir se matérialiser les engagements des autorités étatiques par la mise à la disposition des Organisations de la Société civile, des ressources nécessaires pour la mise en œuvre des actions définies dans le plan provincial opérationnel.

En tout état de cause, la cellule de communication a du pain sur la planche pour emporter l’implication totale d’une communauté qui voit le gouvernement de son pays jouer sur plusieurs tableaux à la fois en se lançant en même temps dans l’état de siège, le P-DDRCS, la négociation avec les groupes armés à Nairobi et une Table Ronde sur la cohabitation pacifique à Lubumbashi pour des solutions durables et définitives aux défis de la cohésion sociale et de la sécurité en même temps que le ‘’Plan de développement des 145 Territoires’’ la sollicite tout autant que les partenaires d’appui à toutes ces initiatives.

LA REINTEGRATION COMMUNAUTAIRE A KILIBA DES DEMOBILISES PAR LES ACTIVITES GENERATRICES DE REVENUES

LA REINTEGRATION COMMUNAUTAIRE A KILIBA DES DEMOBILISES PAR LES ACTIVITES GENERATRICES DE REVENUES

Par Aimé Kikalage

20 démobilisés des groupes armés et 20 jeunes à risques de la cité Kiliba, territoire d’Uvira, Province du Sud-Kivu en RDCongo ont bénéficié des Activités Génératrices des Revenues (AGR) collectives à savoir : Une unité de savonnerie, Une unité de super marché et une machine décortiqueuse pour les activités rizicoles. Avec l’appui financier des Fonds de Cohérence pour la Stabilisation et en parfaite conjugaison avec le Gouvernement RDCongolais, le consortium des ONG Action pour la Paix et la Concorde (APC) – Interpeace – SOFAD ont mis en œuvre des activités qui s’articulaient sur trois grands livrables à savoir : 1) analyse des attentes des « leaders » des groupes armés vis-à-vis du DDRCS, 2) les données pour l’élaboration de la stratégie DDRCS et 3) expérience pilote des AGR pour un DDRC-S. En plus, de ces AGRs collectives qui coutent 45 mille dollars, les 40 bénéficiaires ont reçu chacun un fonds de 100 dollars afin de démarrer les AGRs individuelles connectées aux AGRs collectives.

Cet accompagnement vise à soutenir la réintégration psycho-sociale et économique  des démobilisés et jeunes à risques et renforcer la cohésion sociale dans la cité de Kiliba en territoire d’Uvira. L’appui s’inscrit dans le cadre d’un projet piloté connecté au projet Mchango Wetu kwa amani mis en œuvre dans les territoires d’Uvira, Fizi et dans Itombwe en territoire de Mwenga. C’est dans le cadre de ce même projet que le consortium APC-SOFAD-Interpeace, a produit un draft d’une stratégie provinciale sur le Désarmement, Démobilisation et Réinsertion Communautaire des groupes armés. Cette Stratégie a été restituée à la coordination nationale du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (DDRCS) pour enrichir ainsi le processus de la stratégie nationale de DDRCS. APC, mène d’autres actions humanitaires en faveur de la protection et la paix dans les territoires de Kalehe, Kabare, Shabunda, Walungu au Sud-Kivu, dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu, dans les Province du Kasaï et Ituri.

APC intervient aux côtés d’autres acteurs, dans la région de Bunyakiri en territoire de Kalehe province du Sud-Kivu, retenue comme une zone pilote de l’approche NEXUS ou se coordonne à la fois, des activités humanitaires, de stabilisation et de développement.

Déconstruire les manipulations dans les Grands Lacs africains : mythe ou réalité ?

Déconstruire les manipulations dans les Grands Lacs africains : mythe ou réalité ?

Par Prosper Hamuli Birali

Pendant deux jours, une vingtaine d’acteurs de paix de Goma et de Bukavu, au bord du Lac Kivu, viennent d’échanger à Bukavu sur les manipulations dans les Grands Lacs sur invitation de l’ONG Action pour la Paix et la Concorde, APC. En effet, la manipulation des jeunes figures en bonne place sur la liste des plus grands facteurs diviseurs auxquels s’attaque le Programme Régional SCP/GIZ dont APC et ses partenaires sont en train de réaliser les activités. Pendant deux jours, il s’est agi d’une analyse participative des capacités d’action pour peser sur les facteurs des conflits et renforcer les forces pour la paix. Au final, il fallait identifier les stratégies de manipulation en cours ainsi que les mécanismes de leur déconstruction en vue d’un éveil des consciences sur les techniques et pratiques d’influence qui sont à l’origine des situations néfastes mais évitables vécues dans les Grands Lacs africains.

Qui sont les manipulateurs ?   

L’actualité de ce premier trimestre 2022 fourmille d’histoires de manipulations. De la guerre en Ukraine à l’incursion des rebelles du M23 sur le sol congolais, la désinformation bat son plein. La liste des personnes et catégories impliquées dans la domination, l’exploitation et l’aliénation du peuple congolais est tellement longue et étendue qu’il faut un critère pour espérer agir et produire un résultat quelconque sinon le risque est grand de retrouver tout le monde sur la liste des manipulateurs. De ce fait, il est important de se dire que toute catégorie de personnes dont les qualités l’emportent sur les défauts doit être classée parmi les influenceurs positifs dont il convient de se faire des alliés dans l’action de déconstruction des manipulations. Ce qui veut dire aussi que ce sont finalement ceux dont les défauts dépassent de loin les qualités que nous retenons stratégiquement comme manipulateurs. Ils sont les cibles de notre action.

Que faire pour déconstruire les manipulations dans les Grands Lacs en Afrique ?

« La lutte contre la désinformation par les médias, entendue comme action délibérée de diffuser une information fausse, des images trafiquées ou des films / émissions présentés comme vraisemblables pour influencer le comportement des cibles, est rendue difficile en RDC par l’absence d’une loi de régulation des réseaux sociaux et surtout celle d’équipements techniques », soutien Me Denoé de Goma.  Faut-il commencer par édicter une loi ou s’équiper ? « Bien sûr nul n’est censé ignorer la loi. Mais, qui achète le Journal Officiel pour être au courant des lois promulguées ? », se demande Daniel de Bukavu. « Quelles sont les responsabilités pénales de l’administrateur d’un groupe WhatsApp ? C’est dans les réseaux sociaux qu’un pasteur a prédit la victoire de Shadary aux élections présidentielles 2018. Un autre a donné le score de 3-1 en faveur de la RDC contre le Maroc dans un match de foot. A qui imputer les crises cardiaques qui ont suivi les échecs enregistrés contrairement aux prédictions des pseudos hommes de Dieu ? Si les administrateurs des groupes WhatsApp savaient qu’ils risquaient des poursuites judiciaires, ils n’auraient pas diffusé », fait remarquer Suzanne de Goma. Il faut donc y réfléchir. Justin de Bukavu ajoute : « De l’autre côté, ce sont les réseaux sociaux qui nous rapportent les mésaventures des victimes du système ‘’Mujakazi’’, ces prophétesses qui font condamner des innocents à la justice populaire. C’est aussi là que nous avons appris l’histoire de ces élèves qu’un pasteur avait maintenu dans une chambre de prière toute la nuit et le jour venu ils sont allés dormir dans la salle d’examen. »

Il ressort alors des réflexions effectuées en carrefours qu’il est possible que celui qui se découvre victime de manipulation, au lieu de rester paralysé par la honte, peut avoir un sursaut d’orgueil et :

  • S’entourer d’amis ou de personnes de confiance ;
  • Contrecarrer le manipulateur en s’affirmant (dire « non ») ;
  • Savoir être à l’écoute de soi et garder un esprit critique ;
  • OSER Agir pour tenir à distance le manipulateur ;
  • S’aimer, s’affirmer, bref avoir une image positive de soi.

Les mêmes travaux de confrontation de points de vue espèrent éveiller la conscience des acteurs de paix en décortiquant les techniques de manipulations à reconnaitre pour saisir l’ampleur du défi.

Comment procèdent les manipulateurs ?

  • Epuiser la résistance par des mensonges, moqueries, intimidation, insultes, harcèlement et aller même jusqu’à la torture ;
  • Proposer une alternative apparemment plus attrayante et totalement nouvelle et pour cela, d’abord empêcher tout contact avec ses amis ou sa famille ;
  • Récompenser la victime une fois qu’elle a ‘’plié’’ ;
  • Introduire la victime dans une nouvelle façon de raisonner ;
  • Tester la soumission de la victime.

« Noam Chomsky pourrait nous en dire plus », nous informe Elie de Goma.

Et voilà qu’au dernier sommet des chefs d’Etat de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est tenu à Nairobi en avril 2022, le Président de la RDC fait une sortie inhabituelle : « A ce sujet, il me semble à l’évidence impensable de croire qu’un pays de la sous-région des Grands Lacs peut prospérer dans la paix et dans la sécurité et se stabiliser durablement tant que son voisin est en ébullition et surtout si ce pays sert de base arrière à des groupes armés ou encore en devient le parrain. Pour la petite histoire, il est tout de même incompréhensible que ceux qui, de l’autre rive de la Méditerranée et d’Outre-Atlantique, ne s’appellent jamais frères soient plus solidaires entre eux que nous autres africains qui aimons affectueusement nous appeler frères. » Cette adresse décryptée, révèle que certains citoyens sont utilisés contre les intérêts de leur pays.

Les suggestions des jeunes réunis à Bukavu sont-ils de nature à produire des effets contre les manipulations de ce niveau ? Elles ont au moins le mérite d’avoir été exprimées. C’est entre autres de :

  • Identifier clairement les manipulateurs ;
  • Faire le monitoring des preuves trouvables ;
  • Organiser des tribunes d’expression populaire ;
  • Avoir le courage de dénoncer clairement le manipulateur ;
  • Prendre ses distances avec les manipulateurs ;
  • Construire la trilogie : – Reconnaissance – Dénonciation – Pardon accordé et reçu ;
  • Sensibiliser la communauté sur la vulnérabilité aux manipulations.

En définitive, si chaque citoyen ou chaque communauté pouvait prendre position pour déconstruire les manipulations à son niveau, certainement que les effets de ces actions mises côte à côte se liront au niveau global des trois pays des Grands Lacs et le mythe deviendra réalité.

SURVIVRE OU DISPARAITRE DANS L’EAST AFRICAN COMMUNITY. Point de vue des femmes et des jeunes à l’Est de la RDC.

Par Prosper Hamuli

 Au cours de la deuxième semaine du mois d’avril 2022, des femmes attendant d’être reçues en audience par le Premier Ministre en visite officiel à Goma discutent. Masika Kighana Espérance de la FEC / Nord-Kivu attaque : « Vous allez voir. Dès que les histoires de EAC (East African Community) commencent les marchandises vont se déverser sur nous, tu n’as pas idée ! Et pourtant les autres refusent nos choses au motif qu’elles ne sont pas aux normes. Moi je vois le jour où nous ne serons plus capables d’acheter parce que nous n’aurons pas d’argent du fait que nous ne vendons pas. » Eudoxie Nziavake, femme entrepreneure de Goma, lui répond : « Ma chère, j’ai demandé à nos collègues du Rwanda comment elles font. Elles m’ont dit que c’est leur gouvernement qui avait négocié avec la GIZ une formation sur la standardisation. Si les nôtres aussi nous forment sur cela c’est fini. Nous avons tout mais ne savons pas le valoriser. Les autres vont en profiter pour faire de nous leur marché même pour les choses à jeter. Tu vois ça ! » L’ingénieur K’Entwali Paidris, Commissaire Provincial des scouts du Sud-Kivu, ne voit pas les choses de la même manière : « Allons seulement ! L’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle. Laissez les Kényans, Rwandais, Tanzaniens apporter leurs productions ici. Nous serons obligés d’apprendre comment ils font. Quand le Kenya et la Tanzanie semi désertiques vendent la nourriture aux forestiers congolais ils leur ouvrent les yeux sur les opportunités d’exploiter les terres sur lesquelles ils dorment. » Jackson Kalimba, Président urbain de la Société Civile à Bukavu pense que : « Le business for peace c’est la solution du fait que gagner de l’argent dans les échanges économiques transfrontaliers établit entre clients et fournisseurs un dialogue qui déconstruit les stéréotypes et la stigmatisation, rétablit la confiance mutuelle et donne plus de chance à la naissance d’amitiés entre peuples. » Le chemin est donc encore long pour que les Congolais soient conscients des réels opportunités et défis apportés par l’appartenance de leur pays à plusieurs blocs intégrateurs en Afrique, dont la récente adhésion à l’EAC.

LES ORGANISATIONS ÉTATIQUES ET NON ÉTATIQUES CONVERGENT SUR LA MATERIALISATION DU P-DDRCS.

LES ORGANISATIONS ÉTATIQUES ET NON ÉTATIQUES CONVERGENT SUR LA MATERIALISATION DU P-DDRCS.

La Coordination Nationale du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire (PDDRCS) et Stabilisation, les institutions, les partenaires et le consortium des ONG APC-SOFAD-Interpeace chargé de produire dans le Sud-Kivu, une ébauche de la Démobilisation, Désarmement et Réinsertion à base communautaire des groupes armés convergent à propos de la matérialisation du PDDRCS.  C’était au cours d’un atelier de réflexion sur le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation. Il était organisé  à Bukavu en date du 13 au 15 Décembre 2021, dans le cadre du Projet Mchango Wetu kwa Amani que met en œuvre le consortium des ONGs SOFAD, APC et Interpeace. Au cours de ces assis, le consortium a présente la contribution provinciale au document de la stratégie nation de DDRC. Cette ébauche provinciale est l’émanation des consultations communautaires menées d’une part, dans la zone du projet Mchango wetu kwa Amani, c’est à dire les territoires de Fizi, Uvira et Mwenda, la ville d’Uvira, et de l’autre part, au niveau des autorités provinciales ( Ministre et députes) du Sud-Kivu, sur le Désarmement Démobilisation Réinsertion Communautaire. Du moins pour les communautés, le Nouveau Programme de DDRC devra impliquer les communautés dans toutes ses phases. Lors des réflexions en carrefours, les participants ( Autorités étatiques provinciales, territoriales et municipales du Sud-Kivu, délégué de la PNC, délégués du PDDRCS, délégués des organisations nationales et internationales ont enrichi les documents produits par le consortium Interpeace-APC-SOFAD et ont tous convergé sur les points ci-dessous :

  1. La pertinence du PDDRCS qui réside dans ses capacités à innover, consistant au relèvement communautaire socio-économique, prenant en compte le principe de décentralisation du processus.
  2. L’approche d’intervention. Il s’est dégagé une nécessité d’adopter une « approche holistique »  de réinsertion, renforcer la dimension communautaire, collective et participative ainsi que des mécanismes de contrôle, redevabilité communautaire et sanction.
  3. Interactions entre les niveaux de pouvoir et qui se traduit par l’octroi des responsabilités suffisantes de gestion aux structures provinciales (coordination provinciale et antennes territoriales) etc.
  4. La capitalisation des expériences et appropriation. A ce propos, il a été convenu que le cadre de concertation provincial est consultatif. Les participants ont ému le vœu d’être informés et de participer activement, le cas échéant,  aux prochaines étapes du P-DDRCS.

La coordination nationale du PDDRC, par l’entremise de son coordonnateur national adjoint en charge des questions techniques et opérationnelles, le colonel Pierre Égide Bosale, a promu un DDRCS Communautaire et participatif le cas échéant. Face à cette promesse, les membres des communautés et experts en DDRC ont aussi exigé un PDDRCS décentralisé.

Pour une paix durable, le Gouvernement Provincial du Sud-Kivu, exhorte que ce nouveau Programme de DDRCS puisse se faire dans la communauté, avec la communauté et par les techniciens à la matière. Théophile Kiluwe, Gouverneur à l’intérim, a appelé tout le monde au retour au bon sentiment et a demandé le retrait des groupes armés étrangers du territoire Congolais. Il a en même temps rassuré que toutes les dispositions sont prises afin d’anéantir tous les groupes armés.

Au nom du consortium Interpeace-APC-SOFAD, Déo Buuma, Directeur Exécutif de APC, a promu que leur consortium continuera à s’approcher à chaque instant de la coordination du PDDRCS, des autorités étatiques et partenaires dans les étapes restantes.

Disons qu’après cet atelier de Bukavu, en Février 2022, le consortium Interpeace-APC-SOFAD se fait un agréable devoir de restituer le draft du document de contribution de la province du Sud-Kivu au P-DDRCS auprès des membres des communautés de Kiliba (zone de mise en œuvre d’un projet pilote en faveur des démobilisés et jeunes à risques), membres des différents communautés d’Uvira, autorités de la ville d’Uvira, organisations de la société civile, membre du comité locale des suivi des accords de cesser le feu. Cette restitution a été faite également à Bukavu. Par cette occasion, ces différentes catégories sociales, ont donné leur enrichissement au draft du document

La communication non violente, parlons-en !!

La communication non violente, parlons-en !!

La guérison par la communication non violente est-elle possible ? C’est autour de cette question qu’une trentaine d’acteurs de paix de la région des Grands Lacs africains, dont deux de l’ONG Action pour la Paix et la Concorde, APC, se sont réunis à Cyangugu, au Rwanda, ce lundi 28 Avril 2022.

Pour introduire la question, la facilitatrice a raconté l’anecdote suivante : « Au Kenya, à une femme qui prenait part à une formation sur la communication non violente alors que son ménage et d’autres villageois avaient de gros problèmes d’alimentation, les organisateurs ont posé la question de savoir pourquoi elle venait à la formation au lieu d’aller ailleurs pour chercher de la nourriture ! Sa réponse était simple : je dois stopper les violences domestiques dans mon ménage. C’est la condition de ma survie. » Cette femme était donc convaincue que si elle parvenait à s’adresser au mari, qui la battait, avec les outils de la communication non violente, elle parviendrait à le raisonner sur son comportement inacceptable.

Cette conviction part du constat que les besoins sont universels. Le besoin de sécurité, de paix, d’autonomie, de connexion ou d’être accepté est universel et ressenti par toute personne humaine quelle que soit son origine ou sa résidence. Par contre, ce qui diffère ce sont les valeurs. Or ces dernières sont construites selon la société. C’est pourquoi, il est inutile de se battre pour l’honneur alors qu’il suffit de mettre une parenthèse à cela, lorsqu’on le considère comme un besoin, pour gagner quelque chose de supérieur. C’est donc un choix.

Ainsi, la satisfaction des besoins peut engendrer des sentiments de plénitude ou douloureux selon qu’on a ce qu’on voulait ou qu’on est obligé d’opter pour ce qui est disponible. Le conflit ne se passe pas au niveau du besoin mais de sa satisfaction. C’est une négociation qui ouvre plusieurs options allant de la rareté à l’abondance.

Il est alors important que celui qui voudrait intervenir s’assure impérativement de demander à la personne à suivre si elle a besoin de son soutien. En cas de réponse positive, il doit alors s’engager à respecter l’anonymat et le secret parce qu’il s’agit d’entretiens confidentiels et non d’une récolte de nouvelles générales à diffuser dans la société.

Il doit aussi éprouver et montrer de l’empathie surtout pour les personnes qui ont vécu des expériences douloureuses. C’est le secret pour parvenir à gérer la colère, la culpabilité ou la honte manifestées par les personnes accompagnées.

Pourtant, l’essentiel est de réaliser que toute personne répond suivant l’état de ses besoins. Il ne faut donc pas penser que ce que je vous dis soit la raison de vos sentiments. C’est l’état de vos besoins que mon interaction met à jour.

Pourquoi choisir la communication non violente ? Les employés travaillent-ils mieux lorsque tu leur hurles dessus ?  Finalement la communication non violente est l’une des méthodes les plus efficaces pour la transformation non violente des conflits.

Pour plus d’information, lire « L’écoute empathique basée sur la communication non violente » par Dr Marshall Rosenberg.

APC LANCE LE PROJET « SOTE KWA UJENZI WA AMANI » DANS KALEHE, KABARE ET WALUNGU

APC LANCE LE PROJET « SOTE KWA UJENZI WA AMANI » DANS KALEHE, KABARE ET WALUNGU

L’ONG Action pour la Paix et la Concorde, avec l’appui financier de Life and Peace Institut a lancé officielement son nouveau projet Sote Kwa Ujezi wa Amani. Ce lancement est intervenu en Novembre 2021 à Maibana en territoire de Kalehe , à Kaniola en territoire de Walungu et à Luhago en territoire de Kabare. Sote kwa Ujenzi wa Amani est un projet connecté au Programme Namna Mpya ya Ujenzi wa Amani que met en œuvre l’organisation Life and Peace Institut.

Sous une approche innovante et holistique, le projet Sote kwa Ujenzi wa Amani vise la réduction des violences communautaires. Dans le cadre de la réductions des violences communautaires, plusieurs activités seront menées par APC. Nous pouvons parmi ces activités :

  • Mobiliser les membres des communautés pour la cohabitation pacifique à travers les émissions radios
  • Appuyer les structures communautaires de paix
  • Organiser des dialogues sociaux dans Kalehe, Walungu et Kabare sur des questions de paix.

Pour la première année, ce projet sera implémenté dans les axes ci-après :

 

  • Territoire de Kalehe, Chefferie de Buloho, groupements de Munyanjiro et Bagana.
  • Terriotire de Walungu, chefferie de Ngweshe, Kaniola Centre, Nyamarege et Nzibira
  • Territoire de Kabare, chefferie de Ninja, groupement de Luhago.

Les autorités locales, les membres des communautés, les structures communautaires, les organisations des jeunes, des femmes comme d’autres couches socio-professionnelles ont pris part à ces ateliers de lancement du projet.

Tous ces acteurs au processus de paix ont à bras ouvert accueilli le Projet Sote kwa Ujenzi wa Amani. Ils ont promis de se l’approprier et d’être surtout innovants dans leurs initiatives de consolidation de la paix. Ils ont recommandé à APC comme à son partenaire d’étendre le projet Sote kwa Ujenzi wa Amani et le Programme Namna Mpya ya Ujenzi wa Amani dans d’autres groupements, territoire et Provinces de la RDC.

Signalons que, pour la deuxième année du Projet Sote kwa Ujenzi wa Amani, les activités seront rependues dans le territoire de Shabunda dans le Sud-Kivu et celui de Walikale dans le Nord-Kivu. Ces deux territoires sont aussi des zones de mises en œuvre du Programme Tujenge Amani! par l’ONG Action pour la paix et la concorde.

A L’UNISSION, LES ACTEURS ETATIQUES ET NON ETATIQUES DE WALIKAKE S’ENGAGENT A LUTTER CONTRE LES GROUPES ARMES 

Une feuille de route des actions prioritaires à mener pour le renforcement de la paix dans le territoire de walikale pendant l’état de siège a été signée par les acteurs étatiques et non étatiques de ce territoire. C’était au cours du dialogue social du 30 au 31 Juillet 2021 à Walikale, sur les défis de la paix dans le contexte de l’État de siège.

Ce dialogue a été organisé par les organisations Synergie des Femmes pour le Développement (SFD) et le Bureau d’Etude pour le Développement de Walikale (BEDEWA) en collaboration avec l’Administrateur Militaire du territoire de Walikale. Cette initiative a été appuyée par le Programme Tujenge Amani ! que met en œuvre  l’ONG APC dans le cadre de la Stabilisation de Walikale, ceci avec l’appui financier du Département Fédéral des Affaires Étrangères Suisse.

Ces assises avaient pour objectifs de susciter les membres des communautés, les acteurs de la société civile et les autorités locales à identifier les défis liés à la paix dans le territoire de Walikale ; de définir les perspectives d’avenir en termes d’actions à mener, les stratégies d’intervention et les mécanismes de suivi  pour restaurer la paix en accompagnant  l’État de siège dans le territoire de Walikale.

Durant deux jours, les questions ci-dessous ont été aux centres des réflexions :

  • l’État de siège décrété par le président de la république de la RDC
  • l’état des lieux des groupes armés dans le territoire de Walikale.
  • les activités de paix que mènent les structures communautaires dites Noyaux Tujenge Amani en territoire de Walikale (en localité de Mubi, Itebero et à Walikale Centre).

Après avoir compris le bien-fondé de l’État de siège et la dynamique des groupes armés dans le Walikale, les participants ont défini les actions concrètes à mener afin de pallier aux problèmes de paix. Parmi ces actions figurent :

  • organiser des ateliers, des rencontres et  dialogues sociaux pour promouvoir la désolidarisation des communautés avec  les  groupes armés et leurs collaborateurs du niveau local, provincial et national qui souvent facilitent le ravitaillement des groupes armés en armes,  minutions et idéologies.
  • Organiser les sensibilisations des groupes armés à se rendre sans délai
  • Mener un plaidoyer auprès des autorités provinciales et nationales pour la mise en place et l’opérationnalisation du programme de PDDRCS dans le territoire de Walikale afin de rendre effectif le relèvement communautaire pour la réinsertion des démobilisés.

Plusieurs recommandations ont été assorties de ce dialogue afin d’accorder beaucoup de chances au processus, notamment :

  • au gouvernement congolais, de rendre effectif le Programme DDRCS dans le territoire de Walikale ;
  • aux membres des communautés de Walikale, de couper toute collaboration avec les groupes armés
  • aux groupes armés, de répondre vivement à l’appel à la démobilisation communautaire lancé par le chef de l’état
  • et à APC d’accompagner la suite du processus du dialogue en vue d’une concrétisation des actions prioritaires définies mais aussi mettre en place les structures communautaires dans d’autres localités de Walikale ou elles ne sont pas encore opérationnelles.

ont pris part à ce dialogue ; les délégués des élus de Walikale, Services de sécurité et de renseignement, autorités politico-administratives locales, chefs des groupements, acteurs de la société civile, délégués des communautés de WALIKALE, Chefs religieux et leaders sociaux locaux influents, délégués des notabilités des groupements, mouvements des jeunes et associations féminines.