CONCEPTUALISER PAR EXPERIENCES : ACTION POUR LA PAIX ET LA CONCORDE FACE AU PROGRAMME DE DESARMEMENT, DEMOBILISATION ET REINSERTION COMMUNAUTAIRE A L’EST DE LA RDC.

CONCEPTUALISER PAR EXPERIENCES : ACTION POUR LA PAIX ET LA CONCORDE FACE AU PROGRAMME DE DESARMEMENT, DEMOBILISATION ET REINSERTION COMMUNAUTAIRE A L’EST DE LA RDC.

Conceptualiser par expériences : Action pour la paix et la concorde face au Programme de
Désarmement, Démobilisation et Réinsertion Communautaire à l’Est de la RDC, c’est le titre
du document de capitalisation de l’expérience de l’ONG Action pour la Paix et la Concorde,
qui fait objet de communication. La communication sur ce document préfacé par Roger
Denzer, Ambassadeur de Suisse en RDC a eu lieu d’abord à Bukavu dans le Sud-Kivu en date
du 27 Juillet 2022 et en suite, à Goma dans la Province du Nord-Kivu en date du 23 au 24
Septembre 2022.
Organisés dans le cadre du programme Tujenge Amani! qu’appui techniquement et
financièrement le Département Fédéral des Affaires Étrangères Suisse à travers son
ambassade à Kinshasa, ces ateliers de communication avaient comme objectifs :

– Susciter des réflexions stratégiques qui permettent l’ouverture des opportunités de
paix partant de l’expérience de APC dans le DDRC à travers le Pogramme Tujenge
Amani ;
– Susciter l’appropriation de ladite expérience par les autres partenaires dont certains
bailleurs de fonds et les services étatiques ;
– Définir les mécanismes de coopération et d’identification des objectifs du
programme qui s’alignent aux priorités du P-DDRCS en province du Nord-Kivu et Sud-
Kivu;
– Sensibiliser les parties prenantes aux actions de stabilisation sur la compréhension
de la stratégie nationale P-DDRCS, ses priorités, l’importance de se l’approprier et le
soutien direct à la Coordination provinciale du Nord-Kivu et Sud-Kivu mises en place ;
– S’accorder sur les modalités d’appui et la mise en place d’une feuille de route pour
un partenariat formel.
Pour ces deux provinces, les communications ont été faites en faveur des membres de la
coordination du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire
et Stabilisation, aux acteurs intervenant dans le peacebuilding, ceux du développement, du
monde scientifique, aux membres des organisations des jeunes.
Le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion à base Communautaire (DDRC) que APC
a expérimenté s’illustrent comme un processus d’engagement, d’actions et de réflexivité qui
s’articule sur 2 phases. L’une est de production des savoirs partagés sur le DDR-C et l’autre,
d’engagement collectif pour l’action.

La production des savoirs partagés sur le DDRC se traduit par:

– la réflexivité sur l’engagement de l’organisation d’accompagnement
– la conceptualisation inclusive du DDR-C par le bas
– la validation (campagne de) des savoirs communs
– l’élaboration de la cartographie des groupes armés
– l’élaboration de la cartographie des parties prenantes
A propos de l’Engagement collectif pour l’action, à ce stade il faudra :
– obtenir l’engagement (par échelle) des leaders des communautés, autorités
politiques administratives, coutumières et des Groupes Armés pour le DDRC : tout
en clarifiant les rôles et responsabilités des uns et des autres
– mener les sensibilisations sur le Désarmement, la Démobilisation et la Rééducation
civique
– envisager une Sociothérapie pour la détraumatisation sociale
– préconiser une réintégration communautaire et un relèvement socio-économique
des démobilisés
– une réflexivité sur l’engagement collectif et les actions menées
– une capitalisation des apprentissages
Les acteurs intervenant dans la consolidation de la paix ont salué l’expérience de APC sur le
DDR-C. C’est le cas de la MONUSCO. Denis BOUCHER pour la MONUSCO SSU Nord-Kivu, a au
nom de son organisation remercié APC pour son expérience et sa réputation approuvée sur
le DDRC. Il a recommandé les autres organisations à puiser dans cette documentation de
capitalisation de l’expérience sur le DDRC. Même son de cloche pour l’honorable Prince
Kihangi, qui rassure l’appui des assemblées provinciales pour le retour et la consolidation de
la paix dans la partie Est de la République Démocratique du Congo.
Pour APC, l’expérience partagée est le fruit de l’approche communautaire participative et ne
pourra être enrichie par les critiques, commentaires et recommandations des uns et des
autres. Déo Buuma a profité de ce cadre pour demander aux élus, de faire de leur mieux
possible pour que le projet de loi sur le foncier soit rapidement lu, adopté par les députés
nationaux en vue de faciliter la promulgation de la loi par le Président de la République. Selon lui,
cette promulgation pourra donner un appui à la réalisation sur terrain du PDDRCS.
La coordination du PDDRCS Nord-Kivu et Sud-Kivu, saluent à titre valeur l’expérience de APC
dans la recherche de la paix et surtout sa contribution à la stratégie nationale de
Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation. Dans cette
bataille pour le retour de la paix durable en RDC, ces coordinations ont promis un
partenariat à APC. C’est dans cette optique, qu’un plan d’actions conjointés entre APC et
PDDRCS a été défini.
Aimé Kikalage.

IKAMBI ET LUHAGO BENEFICIENT D’UN APPUI DE APC AUX INITIATIVES DE REINSERTION SOCIO-ÉCONOMIQUE DES DEMOBILISÉS

IKAMBI ET LUHAGO BENEFICIENT D’UN APPUI DE APC AUX INITIATIVES DE REINSERTION SOCIO-ÉCONOMIQUE DES DEMOBILISÉS

Action pour la Paix et la Concorde, a apporté son appui aux initiatives de réinsertion communautaire des démobilisés de la localité d’Ikambi et Kishadu en groupement de Luhago , chefferie de Nindja dans le territoire de Kabare. Il s’agit de la culture des ananas et l’apiculture qui sont développées d’une part, par les démobilisés en difficulté de s’insérer dans la communauté après avoir quitté les groupes armés et de l’autre part, par les jeunes à risques dont leur situation de précarité sociale les prédispose à la commission des violences communautaires ou à l’enrôlement dans les groupes armés. La remise  officielle de cet appui est intervenue  consécutivement le 30 Septembre et le  1 Octobre 2022 à Kishadu et Ikambi en présence des autorités locales, la société civile, les membres des structures communautaires dites noyaux Tujenge Amani  et Mutuelle de Solidarité.  Ceci a été rendue possible grâce au projet sote kwa Ujenzi wa Amani, que met en œuvre APC avec l’appui de Life and Peace Institut grâce à son Programme Namna Mpya ya Ujenzi wa Amani.

Siméon MATELEO Représentant de APC, a fait savoir que  cet appui aux initiatives de la culture des ananas et abeilles s’inscrit dans le cadre de la réduction des violences communautaires, de la prévention de  l’enrôlement des jeunes dans le groupes armés par manque de leur encadrement dans la communauté et de la consolidation de la paix.  Cet appui est constitué des ruches,  bidons vides, arrosoirs, imperméables, godillots, houes, en vue de pallier au manque des opportunités locales de réinsertion communautaire des démobilisés.

Ces initiatives développés, traduisent la mise en œuvre de l’une des actions  susceptibles de faciliter la réinsertion communautaire des démobilisés et jeunes désœuvrés définies lors du dialogue social de Kishadu tenu du 18 au 19 Mars 2020 sur les défis et opportunités de la réinsertion sociale des démobilisés dans le territoire de Kabare en chefferie de Nindja.

Les bénéficiaires de cet appui, c’est-à-dire les démobilisés et jeunes à risques ont salué la dévotion de APC et son partenaire LPI à accompagner le processus de réinsertion communautaire des démobilisés et de la consolidation de la paix. Pour eux, cet appui va booster leurs initiatives communautaires amorcées et permettre une production abondante d’ananas et du miel , la quelle production pourra permettre le relèvement de leurs économies.

Une femme venue accompagner  son mari  démobilisé à la cérémonie de remise et dont nous taisons son nom a déclaré : « ces initiatives communautaires constituent un facteur de considération des démobilisés par les autorités locales et autres membres de la communauté. Elles permettent la resocialisation de ceux qui ont pris les armes dans le passé. Les démobilisés ne font plus objet du rejet au sein de la communauté. Cette culture d’ananas constitue un moyen d’encadrement de mon mari qui hier était dans l’oisiveté et dans la consommation du chanvre. Actuellement, mon mari concentre ses énergies et son temps pour les travaux du  champs communautaire d’ananas. Quand nous allons commencer à vendre les ananas, nous ne manquerons pas quelques francs congolais dans la caisse familiale ».

Pour marquer leur soutien, les chefs des villages d’Ikambi et Kishadu, avaient donné gratuitement des espaces où sont développés la culture des ananas et l’élevage des abeilles. Plus de 40 démobilisés et jeunes à risques sont regroupés au tour du champ communautaire d’ananas de Kishadu. Les structures communautaires (noyau tujenge amani) de Kishadu et Ikambi qui coordonnent localement  les activités de réinsertion socio-économique des démobilisés, précisent qu’elles intensifient les séances de sensibilisation afin d’obtenir l’adhésion à l’approche d’un plus grand nombre des démobilisés, jeunes à risques et autres membres de la communauté désireux. La pisciculture, sera également développée par les démobilisés y compris les jeunes à risques.  Pour cette fin, les noyaux tujenge amani promettent des alevins.

La société civile comme le chef de groupement de Luhago, encouragent les démobilisés affaire preuve de leur bravoure. Ils les appellent affaire rayonner ce groupement en achalandant abondamment et très prochainement, les marchés de la province du Sud- Kivu et d’ailleurs avec du miel et d’ananas de paix. Charles Mwahukanya, chef de groupement a invité ses administrés à la sécurisation de ces initiatives. Il a mis en garde quiconque  tentera de bloquer ces activités d’intérêt communautaire.

Aimé Kikalage.

 

Dialogue Interculturel

Dialogue Interculturel

Il s’est tenu le vendredi 23 sept 2022 dans la ville de Bukavu, province du Sud-Kivu en RDC, un dialogue interculturel dans la salle Mont-Kahuzi. Cela, dans le cadre du programme régional YOUTHLAB PROJECT ; un programme qui vise à accompagner les jeunes de la région des pays de Grands Lacs au processus du leadership. Cette activité entre dans le cadre de la journée internationale de la paix célébrée le 21 septembre de chaque année.

APC avec l’accompagnement des jeunes innovateurs ont organisé ce dialogue sous le thème « Bannir les stéréotypes interculturels pour bâtir la paix et la cohésion sociale entre les communautés au Sud-Kivu et dans la région des pays des Grands Lacs.

Ce dialogue avait comme objectifs d’encourager et de renforcer les échanges entre les participants des cultures différentes sur les pratiques de consolidation de la paix, les bonnes pratiques permettant de déconstruire les stéréotypes afin de renforcer la cohésion sociale entre les communautés ; de partager les meilleures pratiques de résilience culturelle exercées dans les communautés du Sud-Kivu et de la Région de Grands Lacs ; influencer le renforcement de la coopération interculturelle pour mener des actions en synergie pour la paix dans la région des grands lacs ; informer les participants sur les aspects pratiques de la culture de paix ; dégager les engagements, recommandations pour réduire les stéréotypes à caractère culturel dans une perspective de consolidation de la paix.

4 groupes ont été constitués pour mener des réflexions en carrefour. Ils étaient formés par les  membres de ces cultures : i) les Bashi et Bahavu, ii) Babembe, Barega et Batembo, iii) Bavira, Banyindu, Bafuliru et Barundi iv) Bahutu-Banyamulenge-Batwa, les communautés transfrontalières et autres communautés congolaises.  Il était question pour ces groupes de réflexion d’énumérer différentes bonnes pratiques pour lutter contre les stéréotypes et de dégager des innovations pour la résolution des conflits au sein des communautés.

L’octroi des terres à la femme, la sensibilisation et conscientisation sur les valeurs culturelles, l’interdiction des discours de haine au sein des familles ou communautés antagonistes, la connaissance pour chaque communauté de ses propres valeurs culturelles, ainsi que l’organisation des voyages de paix, sont là entre autres, quelques  innovations ressorties au cours des travaux en carrefour.

Les participants ont en fin formulé quelques recommandations à l’égard des églises, acteurs politiques, partis politiques, institutions d’enseignements et équipes sportives. Ils doivent, chacun en ce qui le concerne, introduire dans leurs enseignements et séances, les notions sur la solidarité intercommunautaire en vue de promouvoir la paix.

Les participants ont beaucoup plus interpellé les acteurs politiques et leurs ainés ( notables) sur les questions liées aux stéréotypes tout en les invitant à contourner toutes ces antivaleurs qui ne font que provoquer des tensions  au sein des communautés.

Hormis, ce dialogue interculturel, APC et les jeunes innovateurs envisagent dans le cadre du  YOUTHLAB PROJECT mener plusieurs initiatives visant la résolution des conflits et la consolidation de la paix.

CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PAIX

CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PAIX

Action pour la Paix et la Concorde ( APC) invite le gouvernement de la RDC et tous les
acteurs non étatiques intervenant dans le secteur de la paix à redoubler d’efforts en vue de
stabiliser la partie Est de la République démocratique du Congo en particulier et la RDC en
Général en Proie à la recrudescence des groupes armés nationaux et étrangers. Cet appel a
été fait par Sosthène MALIYASEME Directeur de Programme de APC, lors de son adresse à la
presse et en marge de la commémoration le 21 Septembre 2022, de la journée
internationale de la Paix.
Célébrée au niveau international sous le thème « Mettre fin au racisme, Bâtir la paix », cette
journée a été commémorée en RDC dans un contexte d’occupation de la ville de Bunagana
et autres entités de la province du Nord-Kivu par les rebelles du M23 provoquant ainsi la
propagation entre communautés des messages d’appel à la haine et à la xénophobie. A côté
des conflits armés qui écument la partie Est de la RDC, figurent aussi ceux liés à l’exploitation

des ressources naturelles et de pouvoir coutumier entrainant des tensions
intercommunautaires.
Les enjeux politiques, économiques et les dimensions régionales des conflits sont parmi les
obstacles au retour de la paix dans la partie Est de la RDC. Malgré les défis, la RDC est
engagée dans le processus de rétablissement de la paix. Les organisations non
gouvernementales ne sont pas du reste. Elles conduisent plusieurs processus de paix. C’est
le cas de Action pour la Paix et la concorde qui conduit les processus de paix dans les
provinces du Sud-Kivu, Nord-Kivu, Kasaï, Ituri, Kinshasa en RDC et dans les villes frontalières
du Burundi et du Rwanda pour convaincre les parties prenantes aux conflits à renoncer à la
violence et à s’inscrire dans la logique de la restauration de la paix à l’est de la RDC et dans la
sous-région.
En marge de la commémoration de cette journée internationale de la paix, APC a mis en
œuvre deux activités. Elle a :
– organisé du 23 au 24 Septembre 2022 à Goma, un atelier sur le Programme de
Désarmement Démobilisation Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS)
avec la Coordination de ce Programme dans la Province du Nord-Kivu en vue de
l’accompagner dans le Processus DDRCS.
– organisé le 23 Septembre 2022 à Bukavu, le dialogue interculturel afin que les
membres de différentes cultures de la province du Sud-Kivu apportent leur
contribution à la construction de la paix.

Pour restaurer et consolider la paix dans la partie Est de la RDC, APC recommande au
gouvernement congolais d(e) :

– améliorer la gouvernance car plusieurs conflits sont liés à la mauvaise gouvernance
et à l’accès non équitable aux ressources)
– doter la RDC d’une armée républicaine et dissuasive
– soutenir valablement le processus de la centralisation
– faire une analyse profonde des causes de conflits pour développer des actions qui
responsabilisent beaucoup plus l’État dans la recherche des solutions aux causes
profondes des conflits qui déchirent partie Est de la RDC.
A côté de l’appel lancé par APC figure celui, du Secrétaire Général de Nations Unies. Antonio
Guterres a invité tout le monde a joué un rôle dans la promotion de la paix. Pour lui, pour
parvenir à une paix durable, « il faut bien plus que déposer les armes. Il faut construire des
sociétés où tous les membres ont le sentiment de pouvoir s’épanouir. Il s’agit de créer un
monde dans lequel les gens sont traités de manière égale, quelle que soit leur race ».

LUTTER CONTRE L’EPUISEMENT PROFESSIONNEL, UN IMPERATIF DE SURVIE

Pendant 3 jours à Bukavu au Sud-Kivu, une douzaine d’agents du Rwanda, du Burundi et de la RDC délégués par des Organisations de la Société Civile, dont Action pour la Paix et la Concorde, APC, ont réfléchi sur les souffrances causées par le travail, atelier animé par des psychologues disponibilisés par l’asbl Réseau Associatif pour la Psychologie Intégrale (RAPI) basée à Bukavu. Cet atelier, facilité par le Service Civil pour la paix de la GIZ, a démarré sur le constat que, tout au long de l’année, le travail en général génère du stress et, en particulier, l’accompagnement de la transformation des conflits peut parfois conduire à des traumatismes. C’est pourquoi, le but du travail étant de procurer le bien-être au travailleur et à son environnement social, il convient d’acquérir des techniques pour maintenir ou rétablir son équilibre mental tant que c’est possible de gérer soi-même la situation. Sinon, quand la situation génère le stress et que ce dernier conduit au traumatisme, la personne qui le subit doit se faire aider par des professionnels de santé mentale pour s’en sortir.

Le débriefing émotionnel.

 Comment prendre soin de soi-même pour déstresser ? Comment se détendre ? Comment remettre ses émotions à un degré acceptable après un évènement stressant ? Il faut trouver un moyen de les faire sortir à l’extérieur à l’aide de la parole. Justement, le débriefing émotionnel en donne l’occasion en tant que technique qui aide à verbaliser ses émotions et à exprimer ses préoccupations personnelles.

En effet, s’occuper des problèmes des autres est en soi traumatisant et peut amener jusqu’à perdre le goût de la vie dans le cas où la personne qui écoute l’autre est tellement affectée par ce qu’elle entend ou observe qu’elle se met dans la peau de la victime avec une telle empathie que son propre cerveau reproduit les stimulations des mêmes effets des souffrances que celles de la victime première. C’est pourquoi il est vivement conseillé d’évacuer ses souffrances à l’aide de la parole qui met des mots sur elles et les rend visibles au lieu qu’elles restent inconscientes. Sinon le corps manifeste par des réactions physiques les effets des évènements traumatisants qui sont paralysants à partir du moment où le cerveau les restitue à l’improviste parce que le bien-être santé mental est perturbé.

pour cela qu’une séance de débriefing émotionnel a le rôle d’ouvrir les plaies qui rongent la victime de l’intérieur. Raison pour laquelle il est préférable qu’elle soit menée par des personnes formées pour cela au risque d’aggraver les blessures intérieures de la victime ou d’être soi-même affecté. De ce fait, bien que le stress soit naturel et normal et serve à alerter la personne, le but de reconnaitre le stress est d’éviter que tous ses symptômes ne s’accentuent jusqu’à tomber dans l’épuisement professionnel.

Travailler sous stress !

Plusieurs entreprises répercutent sur les travailleurs la pression de la concurrence ou de la recherche des financements. Voulant satisfaire le Conseil d’Administration ou l’Assemblée des actionnaires, les dirigeants mettent la pression sur les agents sous leurs ordres et demandent toujours plus en termes de production, de rendement, d’efficacité, bref de compétitivité. L’agent sous pression ne connait plus de repos. Il a des angoisses, la terreur et n’a plus d’énergie. Il n’a plus envie de rien faire, plus de courage et, parfois, il finit par se déconnecter de sa vie familiale et sociale. A ce niveau, être optimiste ou partager sa situation avec ses collègues ne lui suffit pas.  Son cerveau se rebelle et ne lui donne plus de nouvelles idées au moment même où il perd petit à petit le goût de la vie. Dans les cas extrêmes, cela conduit jusqu’au suicide. La santé mentale n’a pas de prix. Le cerveau humain a des limites. Vouloir satisfaire à tout prix aux ordres peut mener à l’incompétence. Et c’est là que les professionnels de la santé mentale font remarquer que : « le bureau que tu occupes aujourd’hui, quelqu’un d’autre l’a occupé avant toi. Et il suffit que tu le laisses pour une bonne ou mauvaise raison pour que quelqu’un d’autre l’occupe à son tour. » Pire encore : « la souffrance qui t’attrape au travail, tu la ramènes à la maison et la répercutes sur ton conjoint, tes enfants et ton entourage. » Donc, au moment où toi tu bouscules tout pour être performant, ton corps te dit j’ai besoin de repos mais tu ne l’écoutes pas.

Préserver le bien-être santé mentale pour garder son équilibre.

Des études sur le stress en milieu professionnel ont défini le ‘’burn out’’ ou épuisement professionnel comme une fatigue mentale et émotionnelle du cerveau telle que la victime devient incapable de produire le résultat attendu dans le travail pour lequel elle a été engagée et est payée. Il est alors facile de comprendre pourquoi il est capital de reconnaitre le burn out à ses débuts et réagir suffisamment tôt pour ne pas tomber dans le cas d’épuisement professionnel qui demande des ressources difficilement accessibles dans l’état actuel de la RD Congo.

Que se passe-t-il lorsque votre travail devient insupportable ? Le travail peut-il rendre fou ? La santé mentale est un état complet de bien-être physique, mental et social d’une personne et non l’absence d’une maladie. Etre en bonne santé mentale ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème. Seulement, la personne doit veiller à se trouver toujours à un niveau où elle peut surmonter ses difficultés. Soutenir la santé mentale au travail n’est plus une option mais une nécessité. Les facteurs de risque liés au travail peuvent nuire à la santé mentale et favoriser le développement de multiples troubles psychologiques. En effet, intervenant depuis le Kenya, la psychologue RIKE est formelle : « du côté des décideurs dans l’organisation si on ne fait pas attention à la santé mentale au travail, on risque de perdre le personnel et l’efficacité. Quant aux travailleurs, chaque individu doit faire attention à se nourrir correctement et suffisamment, dormir assez et avoir de bonne relations avec ses collègues. »

Bref, la santé mentale et les performances humaines en entreprise ne sont pas deux objectifs distincts mais deux parties de la même question.  C’est une bonne santé mentale qui permet de gérer le stress et de renforcer la résilience pour atteindre son plein potentiel. Le bien-être au travail doit donc être une priorité absolue aussi bien pour l’individu que pour ceux qui sont aux postes de responsabilité dans l’organisation ou l’entreprise.

Le chemin de la guérison.

Qu’est-ce qui donne de l’énergie ? Indéniablement, toute personne doit analyser sa situation en répondant pour elle-même à des questions comme :

  • Quelle situation me donne le plus de stress ?
  • Qu’est-ce qui épuise mon énergie mentale et physique ?
  • Où est-ce que je sens le stress dans mon corps ?
  • Quelles sont les signes de stress dans mes relations ?
  • Quel est mon comportement typique quand je suis stressé ?
  • Qu’est-ce que je ressens dans mon cœur quand je suis stressé ?

Finalement, comment prendre soin de soi-même ?

  • Rire (c’est thérapeutique) ;
  • Aider les autres ;
  • Dormir suffisamment ;
  • Etre actif suffisamment ;
  • Avoir une alimentation saine ;
  • Prendre le temps de faire des activités plaisantes ;
  • Développer des habiletés d’adaptation et de gestion du stress ;
  • Avoir des liens positifs et significatifs avec d’autres personnes ;
  • Sommeil régulier et suffisant ;
  • Limiter le nombre d’heures passées à travailler sur les tâches difficiles ;
  • Parler des cas / situations difficiles avec ses collègues professionnels mais PAS avec vos amis ou votre famille ;
  • Ne pas ramener du travail à la maison ;
  • Rechercher et obtenir de l’aide professionnelle si nécessaire.

En tant que prestataire, chacune et chacun doit porter une attention particulière à ce qui peut l’épuiser et aux signes psychologiques et somatiques de l’épuisement. Finalement, le problème n’est pas de faire une fixation sur les personnes qui sont à des postes de responsabilité mais bel et bien d’avoir un focus commun sur le travail qui ne doit pas fonctionner avec le travailleur comme une canne à sucre à sucer pour en tirer le jus sucré et la jeter à la poubelle tout de suite après.

Par Prosper Hamuli Birali.

CONTRIBUER A LA CONSOLIDATION DE LA PAIX PAR UNE TABLE RONDE REGIONALE D’ECHANGE D’EXPERIENCES ET D’INITIATIVES DE PAIX ENTRE ACTEURS REGIONAUX DE PAIX DANS LES GRANDS LACS AFRICAINS

CONTRIBUER A LA CONSOLIDATION DE LA PAIX PAR UNE TABLE RONDE REGIONALE D’ECHANGE D’EXPERIENCES ET D’INITIATIVES DE PAIX ENTRE ACTEURS REGIONAUX DE PAIX DANS LES GRANDS LACS AFRICAINS

En pleine période de vive tension entre le Rwanda et la RDC qui s’accusent mutuellement de soutenir des rebelles pour déstabiliser l’autre et d’une brouille politique entre le Rwanda et le Burundi qui menace sérieusement la cohésion sociale transfrontalière entre ces deux pays, le Service Civile pour la Paix (SCP) de la GIZ vient de faciliter la tenue à Goma au Nord-Kivu (RDC) d’une Table Ronde réunissant 20 acteurs civils venant du Rwanda, du Burundi et de la RDC. C’était les 2 et 3 septembre 2022. Le fait que ces acteurs de paix, originaires des pays en tensions, se soient retrouvés est déjà un témoignage en soi que des alternatives à la violence sont possibles.

En effet, en  2019, le Service Civil pour la Paix de la GIZ et ses partenaires avaient réalisé une analyse du contexte régional  qui a dégagé plusieurs facteurs caractéristiques de la dynamique des conflits dans les Grands Lacs africains. A l’époque, les tendances de fond contre la paix étaient constituées par : l’exploitation illégale des ressources naturelles, l’activisme des groupes armés, les manipulations des jeunes et les stéréotypes ainsi que la culture de confrontation et de violence et, enfin, le taux de trauma élevé. Jusqu’à ce jour, malgré la catastrophe sanitaire de la pandémie du COVID-19, apparue en 2020, ces dynamiques des conflits restent globalement celles identifiées par l’analyse ci-haut citée.

Pour répondre à ce contexte de non paix et de conflits, on remarque une fragmentation des approches des Organisations de la Société Civile (OSC) dans la contribution à la construction de la paix. Chaque OSC agit dans son coin presque sans se préoccuper de ce que fait l’autre. De ce fait, il est souhaitable d’établir des passerelles d’échanges entre elles.

Dans une telle perspective, comment travailler ensemble ? C’est notamment en renforçant les échanges sur le contenu des contributions de chacun. C’est cet échange d’expériences qu’a proposé cette table ronde de deux jours à Goma et qui a permis d’apprendre les uns des autres.  Bien que cet atelier se tienne dans un contexte de fortes tensions entre pays de la sous-région des Grands Lacs, l’espoir est grand de voir en sortir des problématiques, un potentiel de paix et une vision vers une paix régionale.

Et la Table Ronde de Goma a établi que l’insuffisance de mobilisation des acteurs clé, spécialement les décideurs, la globalisation, les stéréotypes et la transmission des mémoires des conflits régionaux, les manipulations identitaires et politiciennes et la résistance à la réconciliation pour surmonter la haine ethnique sont des défis persistants dans les Grands Lacs africains. Pour s’y attaquer un potentiel de paix existe réellement. C’est notamment le cas de l’existence de facilitateurs aux capacités renforcées ainsi que de plateformes et synergies régionales d’acteurs civils et des Associations pour la réconciliation et appui aux victimes dont les capacités ont été renforcées.

Il reste alors à répondre à la question : que faire concrètement pour lutter contre cette tendance à l’isolement dans une zone d’intervention commune et face à des défis communs ? Que faire pour éviter les chevauchements ? Quelles sont les personnes / Organisations qui acceptent d’agir ensemble ? Quels produits partageables peuvent sortir d’un processus de co-création ?  Il y a là un potentiel pour la mise sur pied d’un Réseau qui travaille sur la création de produits pouvant servir à d’autres et à la communauté. Pour cela, il faut juste essayer d’aller jusqu’à développer des indicateurs, des output et des activités qui traduisent les résultats de cet atelier.

En définitive, il est à espérer que de ces assises soient sortis des Rwandais, des Congolais et des Burundais conscientisés sur leurs lignes de force dans la transformation non violente des conflits, grâce à une connaissance de ce que font les uns et les autres pour la paix dans les Grands Lacs, en vue de trouver des actions partageables, pertinentes et adaptées pour la prise en compte des leçons tirées des expériences des uns et des autres.

Enfin, comme cet atelier a été aussi organisé par les partenaires du SCP/GIZ pour améliorer les capacités d’intervention des acteurs régionaux de paix à partir des leçons tirées des expériences des uns et des autres, il est envisageable d’imaginer une liste d’acteurs capables de travailler ensemble et d’initiatives de paix partageables prêts pour la mise en œuvre de la vision du Programme Régional SCP/GIZ  dans leurs milieux respectifs.

Goma, 04 Septembre 2022

Prosper Hamuli Birali

APC APPELLE A LA PAIX ET AU VIVRE ENSEMBLE DANS LA SOUS REGION DES GRANDS LACS.

APC APPELLE A LA PAIX ET AU VIVRE ENSEMBLE DANS LA SOUS REGION DES GRANDS LACS.

 

En pleine tension entre la RDC et le Rwanda, l’ONG Action pour la Paix et la Concorde appelle les décideurs de la sous-région des grands lacs à imposer urgemment la paix en RDC et les populations de la RDC et du Rwanda à préserver le vivre ensemble harmonieux en bannissant les discours de haine.  Cet appel intervient, pendant que le contexte socio-sécuritaire dans les pays de la sous-région des grands lacs et l’Uganda se détériore du jour au lendemain suite à la résurgence des incursions armées du Mouvement du 23 Mars (M23) dans la Province du Nord-Kivu en RDC. Du coup, les gagne-petit de ces deux pays, femmes et jeunes vivant du commerce transfrontalier, sont beaucoup plus affectés négativement par les contre coups de cette guerre du M23.

Suite à cette énième agression, des  messages de haine, des mensonges surtout dans les réseaux sociaux, visant à fragiliser la confiance mutuelle transfrontalière, des appels à la xénophobie sont développés en marge de l’information sur les évènements tragiques et véhiculés dans la communication sur les faits et les effets de ce qui arrive sans que les victimes n’en comprennent les tenants et les aboutissants. Le risque que tout le monde soit embarqué et plongé dans la violence est probable.  Face à cette situation d’impasse socio-sécuritaire,  Action pour la Paix et la concorde, APC, par le biais de son Directeur Exécutif recommande :

  • aux organisations de la société civile qui œuvrent pour la paix dans la sous-région des grands lacs, de se réunir rapidement et mettre en place des initiatives pour aller auprès des preneurs des décisions du Rwanda, de la RDC, du Burundi, de l’Uganda et du Kenya et leur dire clairement les attentes  des populations des grands lacs et particulièrement ceux de la RDC et du Rwanda en vue d’un retour de la paix durable et du vivre ensemble harmonieux entre ces peuples.
  • aux gouvernements Congolais et Rwandais, de règlementer l’usage des réseaux sociaux. Déogratias Buuma, Directeur Exécutif de APC, s’est dit consterné de constater qu’en cette période de tension entre la RDC et le Rwanda, que beaucoup d’audio et de vidéos promouvant la haine, la xénophobie, l’exclusion sociale d’une certaine catégorie de personnes soient publiés à travers les réseaux sociaux avec, comme conséquence, la fragilisation du vivre ensemble. Action pour la Paix et la Concorde, APC, appelle les instances judiciaires de ces deux pays, à envisager des sanctions individuelles à l’égard des auteurs de tels messages.
  • à ceux qui voudraient accompagner l’armée nationale FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) engagées au front contre le M23, de suivre la voie lancée par les autorités congolaises. Ils doivent alors s’enrôler auprès des FARDC ou de la Police Nationale Congolaise (PNC), suivre la formation s’ils répondent aux critères prédéfinis par les autorités compétentes et servir sous le drapeau au moment venu. Pour le Directeur Exécutif National de APC,  initier tout autre mouvement en dehors de la règlementation faite par les autorités congolaises,  c’est vouloir compliquer la situation et ne pas servir la Nation de manière la plus positive et citoyenne qui soit.

Enfin, cette reprise des armes par le M23 survient alors que la Présidence de la RDC venait de lancer fraichement son nouveau Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS). Pour APC, ce programme P-DDRCS tombe à point nommé pour affronter le défis de voir certains jeunes rejoindre l’armée dans des conditions acceptables pour assouvir leur soif de contribution patriotique dans la bataille contre le M23.

A ce sujet, APC pense que l’idéal serait que tous les membres des groupes armés remettent d’abord leurs armes comme le soutien de vive voix le gouvernement, adhèrent au P-DDRCS et que chacun qui le veut et qui remplit les conditions s’inscrive individuellement dans l’armée nationale FARDC pour servir sous le drapeau.

DECOUVRIR LES PROBLEMES DES FEMMES EN EXPLOITANT L’APPROCHE WEE.

DECOUVRIR LES PROBLEMES DES FEMMES EN EXPLOITANT L’APPROCHE WEE.

Par Prosper Hamuli Birali,

Pendant quatre jours, une dizaine d’assistants programme à l’ONG Action pour la Paix et la Concorde, APC, se sont retrouvés dans une formation organisée par Mercy Corps pour renforcer leurs capacités en promotion du genre et inclusion de la jeunesse. Plusieurs notions ont fait l’objet d’échanges et de discussions. C’est notamment le cas de ce qu’on entend par une politique comprise comme un ensemble de principes qui déterminent la mission. Elle donne les lignes directrices. La stratégie quant à elle est une série d’actions définies pour atteindre les cibles et se démarquer des autres dans un temps donné. Enfin, l’approche n’est rien d’autre qu’une action menée pour atteindre les résultats escomptés.

Justement, ce qui motive au plus haut point la participation active des agents APC c’est de réaliser qu’au bout de cette aventure, le résultat attendu de cette session de formation est un document de politique genre et jeunesse pour leur ONG APC.  Mais pour y arriver beaucoup d’autres notions intéressantes ont retenu l’attention des participants. C’est notamment le cas de la réponse à la question : « Comment détecter les problèmes des femmes ? » Si pour l’atelier la réponse demandait de faire une analyse genre, d’utiliser des approches centrées sur les femmes et de revisiter ses projets, pour le commun des mortels appliquer ces réponses s’avère être un vrai casse-tête. C’est le cas de l’exploitation de l’approche WEE, sigle défini comme ‘’Women Economic Empowerment’’. Il s’agit d’une « approche du développement économique qui s’attaque aux inégalités économiques et  sociales généralisées entre les femmes et les hommes et centrée sur l’intersection de l’égalité des  sexes et de la croissance économique en tenant compte de l’accès aux ressources et le pouvoir  pour agir et prendre des décisions économiques et autres. »

Cette approche présente d’énormes avantages pour détecter beaucoup de problèmes des femmes à l’instar de  ceux liés à la répartition non équitable des  ressources, les causes sous-jacentes des écarts d’égalité entre les sexes , etc … Elle augmente aussi la résilience économique en général à travers la réduction de l’écart  salarial généralisé entre les hommes et les femmes et aussi l’autonomisation économique  des femmes stimule la diversification économique. Enfin, elle contribue au bien-être général, y compris à des résultats positifs en matière  sociale, de santé et d’éducation. En effet, lorsque les femmes ont un meilleur accès économique et  un meilleur contrôle de leurs actifs, elles sont en mesure d’investir dans leur propre  éducation et peuvent choisir quand et si elles se marient et ont des enfants.

Les résultats de cet atelier seront exposés aux décideurs des Organisations APC et Mercy Corps

 

LES MEMBRES DES COMMUNAUTÉS SECURISENT LA TERRE PAR LES TITRES FONCIERS COUTUMIERS

LES MEMBRES DES COMMUNAUTÉS SECURISENT LA TERRE PAR LES TITRES FONCIERS COUTUMIERS

Trente-deux membres des communautés locales de la chefferie de Buhavu en territoire de Kalehe ont acquis auprès de l’entité territoriale décentralisée des actes d’occupation et d’exploitation d’un terrain coutumier en vue de sécuriser leurs terres contre toutes les tentatives des spoliations, de dépossessions et des conflits éventuels qui sont récurrents dans la communauté.

La cérémonie de remise de ces titres s’est déroulée le 04 Juin 2022 à Kalehe dans la cour royale de la chefferie. Elle a été organisée par la chefferie avec l’appui de l’ONG Action pour la paix et la concorde (APC asbl) dans le cadre de son projet Food Security Project qu’appui financièrement Mercy corps.

Cette activité marquée par la cérémonie de remise des titres avait comme objectif principal de motiver les communautés à adhérer massivement au processus de sécurisation foncière coutumière en vue de sécuriser leurs terres et contribuer dans la réduction des conflits liés au foncier dans le groupement Mbinga sud en chefferie de Buhavu, territoire de Kalehe.

Peu avant ce processus de sécurisation foncière à base coutumière, APC asbl  a lancé à partir de l’année  2008, un processus de Recherche –Action-Participative sur les conflits fonciers dans le territoire de Kalehe. Cette recherche avait révélé que l’oralité, l’opacité qui caractérisent les transactions foncières et la compétition du pouvoir de gestion de terres entre l’administration foncière et les chefs coutumiers étaient parmi les causes récurrentes des conflits fonciers dans l’entité.

Cette étude avait aussi montré que 70% des paysans de Buhavu ne disposent pas des titres ou documents attestant l’occupation de terres qu’ils occupent et exploitent. Le système d’oralité dans la gestion des terres a été à la base des plusieurs conflits dont ceux des limites, de dépossession des terres, de spoliation etc.

Ainsi, en termes de réponse à ce problème communautaire, les autorités coutumières et les leaders des communautés s’étaient lancés de plein pied depuis 2012 dans le processus de sécurisation foncière. Cette dernière passe essentiellement par trois étapes qui sont (a) la reconnaissance  des droits fonciers (participation de tous les voisins,  autorités du village et les membres de la commission d’enquête) ; (b) l’enregistrement des droits fonciers (au niveau du Groupement et ce, sur base du Procès-Verbal  de reconnaissances des droits issus de la commission d’enquête du village et la (c) la certification des droits fonciers par la Chefferie comme Entité Territoriale Décentralisée(sur base de la documentation issue du Groupement).

Grace au projet Food Security Project, la chefferie de Buhavu en collaboration avec Action pour la Paix et la Concorde a livré dans ladite chefferie jusqu’à la date du 04 Juin 2022, 93 titres fonciers coutumiers. Saluant les efforts que déploient la chefferie et Food Security Project pour la sécurisation foncière des terres des communautés, les requérants ont vanté la valeur du document :

  • « En tant que femme, je suis très joyeuse d’obtenir aujourd’hui mon certificat. Dans notre coutume, on nous racontait que même si la femme héritait ou achetait un champ ou une parcelle, elle n’avait pas droit d’accéder au document de sécurisation. Mais moi aujourd’hui, je viens de sécuriser mon champ contre toute tentative d’accaparement ou de spoliation » a déclaré madame Lwangilwa Justine, une des requérantes.
  • « Vraiment merci à la chefferie et APC pour cette initiative de sécurisation foncière à base coutumière.  Merci pour les sensibilisations qui ont été faites par les Cadres de Dialogue et médiation (CDM) dans ce sens. A la date d’aujourd’hui, ma concession est désormais sécurisée.  Ce titre que je viens d’obtenir aujourd’hui est d’une importance capitale. Sur base de ce document je peux même aller ou demander le crédit auprès d’une institution des microfinances et lancer mes activités génératrices des revenues » a avoué Monsieur Sagahara Henri.

Le représentant de APC à ces cérémonies, Innocent Bisimwa, Chef de Projet Food Sécutity Project, s’est dit satisfait devoir que les sensibilisations à la sécurisation foncière à base coutumière faites par les CDM ont produit les fruits. Pour lui, ces certificats pourront régler les conflits liés à la dépossession des terres, des limités et spoliation dans la zone de santé de Kalehe en particulier et dans la chefferie de Buhavu en général. Celui-ci a profité de cette occasion pour informer les autorités locales et coutumières, les leaders communautaires, organisations de la société civile et membres des communautés de l’évolution du processus de la réforme foncière dans laquelle la RDC s’est engagée depuis 2012 en vue de réviser la loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 dite loi foncière.

Pour lui, la RDC s’est déjà dotée d’un document de politique foncière nationale qui lève les options parmi lesquelles la décentralisation foncière.

En avril 2022, la RDC s’est dotée d’un document de politique foncière nationale qui lève des options fondamentales qui guident l’avant-projet de la loi foncière en cours (décentralisation foncière).

Ce document important renferme les bases d’une réforme tenant compte des droits et besoins des communautés et des groupes vulnérables comme les autochtones en prévoyant dans ses options fondamentales la conciliation du foncier traditionnel et du foncier moderne ainsi que le renforcement de la participation des parties prenantes dans les processus décisionnels relatifs au foncier.

En poursuivant, il informe aux participants à la cérémonie que le document prévoit d’organiser un cadastre coutumier en insistant sur les modalités de contrôle local des opérations d’immatriculation ou de certification foncières.  En plus, qu’une commission a été mise en place pour assurer le toilettage du document portant projet de la nouvelle loi foncière qui devra suivre le processus législatif en matière d’adoption des lois avant sa promulgation par le chef de l’Etat.

Pour sa part, Claude Amani Magadju, Secrétaire Administratif de la chefferie de Buhavu, a invité toute la population de Buhavu à s’approprier le processus de sécurisation foncière à base coutumière.

La chefferie avec ses partenaires APC, Mercy Corps et les CDM vont intensifier des sensibilisations auprès de ceux qui hésitent encore afin que la sécurisation foncière soit effective dans toute la chefferie de Buhavu.

Pour clore ses propos, le Secrétaire Administratif de la chefferie de Buhavu a rappelé aux participants (membres des communautés, chefs des villages et groupements, les usagers fonciers, les services fonciers, les membres des CDM et autres acteurs locaux) que les frais d’acquisition du titre foncier coutumier restent fixés à 35 dollars américains par hectare.

Par Prosper Hamuli Birali

La visite officielle du couple royal et du Premier Ministre belges en RD Congo vient de commencer par Kinshasa, la capitale du pays. S’adressant à la Nation congolaise depuis l’esplanade du Palais du Peuple abritant le Parlement, le Roi Philippe a précisé : « Par ce voyage, nous voulons souligner que la Belgique continuera de soutenir toutes les initiatives qui contribuent au bien-être de votre pays et qui offrent au peuple congolais un surcroît tellement nécessaire de bonne gouvernance, de prospérité, de santé, de sécurité et de justice. Notre engagement vis-à-vis de la RDC reste le même : celui d’un soutien ferme à la stabilisation et la démocratisation du pays ainsi qu’au respect des droits humains. »

Du coup, tous les journaux parus à Kinshasa se sont tournés vers la classe politique pour recueillir leurs attentes par rapport à ce voyage qui inaugure une « nouvelle ère de l’Histoire entre Kinshasa et Bruxelles ». Selon ces tabloïdes, « sur les priorités de son pays, le président Tshisekedi a insisté sur le fait qu’il n’y a pas de développement sans sécurité ; il n’y a pas de stabilité sans paix. » (Quotidien L’Avenir) D’autres acteurs politiques ont plutôt espéré voir « les deux pays réparer leur passé douloureux et travailler ensemble en vue d’améliorer le futur. » (Journal La Prospérité) Dans tous les cas, «  Les échanges sur les projet de développement  et la coopération militaire constituent le point de départ de cette nouvelle page d’Histoire ». (Quotidien Forum des As)  C’est pour cela qu’il est important de « demander  au roi Philippe  de condamner  la guerre imposée à la RDC et souhaiter son implication pour un retour définitif de la paix dans l’Est du pays, région qui n’a que trop souffert des bruits des bottes et des canons. » (Africa News)

Dans le programme de son séjour rendu public, il est prévu une visite à Bukavu au Sud-Kivu ce dimanche 12 Juin 2022.  Aussitôt informé, le Maire de la ville a édicté une série de mesures pour encadrer l’accueil de l’illustre hôte qui prévoit de rencontrer le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege à son célèbre hôpital de Panzi et visiter l’Institut International des Techniques Agricoles en Afrique Centrale.

Comme dans ses mesures Mr le Maire enjoint à tous, entre autres, d’immobiliser leurs engins roulants, de repeindre les façades des maisons et de se masser autour de l’itinéraire à emprunter par le monarque belge et le premier ministre congolais représentant le Président de la République, la population est choquée que toutes les mesures d’embellissement de la ville qui n’interviennent jamais en temps ordinaire.

Globalement, cette visite est vécue au Sud-Kivu comme un soutien apporté par une très haute personnalité à la visibilité des réclamations portées par une population qui vient à peine de défiler dans les rues de Bukavu pour dénoncer l’agression du pays par des rebelles soutenus par un pays voisin.

En phase avec ce mouvement de revendication, dans son adresse à la Nation congolaise, le roi Philippe a dit clairement : « Il y a 62 ans, le Congo et la Belgique ont tourné une page essentielle de leur histoire commune. Depuis, votre pays a pris sa place, pleine et entière, dans le concert des Nations. Aujourd’hui vous souhaitez écrire un nouveau chapitre dans nos relations et regarder vers l’avenir, encouragé par la formidable jeunesse du peuple congolais qui ne demande qu’à valoriser ses talents. Ecrivons ce nouveau chapitre ensemble. Sans oublier le passé, mais en l’assumant pleinement, afin de transmettre à la nouvelle génération une mémoire réfléchie et pacifiée de notre histoire commune. »

Dans sa couverture médiatique du voyage officiel du Roi Philippe et de la Reine Mathilde de Belgique en RDC, la radio onusienne OKAPI  fait remarquer que : « Quelques acteurs politiques de la RDC ont salué, mercredi, 8 juin 2022, le ‘’discours sincère’’ du roi belge Philippe, tenu à l’esplanade du Palais du Peuple, à Kinshasa. Cependant, ils l’invitent à traduire ses promesses en actes concrets. Au cours de son allocution, le roi Philippe a réaffirmé au peuple congolais l’affection et l’amitié de la Belgique envers la RDC. Il a soutenu la préservation de l’intégrité territoriale de la RDC, en rappelant le combat de Lumumba pour l’unité de ce pays. ‘’L’insécurité dans l’Est de la RDC ne peut plus perdurer’’, a souligné le roi Philippe. Le Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale, André Mbata, estime qu’il s’agit là d’une promesse faite au peuple congolais. Selon lui, celui-ci ‘’attend maintenant voir comment la Belgique va pouvoir accompagner les promesses qui viennent d’être faites officiellement par Sa Majesté le Roi’’. »

Certains pensent également que si notre Prix Nobel lui tenait un discours de courtoisie mais plein de toutes les vérités que le Président de la République n’a pas pu lui dire, ce serait patriotiquement louable.