Dialogue Interculturel

Dialogue Interculturel

Il s’est tenue ce vendredi 23 sept 2022 dans la ville province de Bukavu en RDC un atelier du dialogue interculturel dans la salle Mont-Kahuzi. Cela, dans le cadre du programme régional YOUTHLAB PROJECT ; un programme qui vise à accompagner les jeunes de la région des pays de Grands Lacs au processus du leadership. Cette activité entre dans le cadre de la journée internationale de la paix célébrée le 21 septembre de chaque année.

APC avec l’accompagnement des jeunes innovateurs ont organisée ce dialogue sous le thème « Bannir les stéréotypes interculturels pour bâtir la paix et la cohésion sociale entre les communautés au Sud-Kivu et dans la région des pays des Grands Lacs.

Ce dialogue avait comme objectifs d’encourager et renforcer des changes entre les participants des cultures différentes sur les pratiques de consolidation de la paix, les bonnes pratiques permettant de déconstruire les stéréotypes afin de renforcer la cohésion sociale entre les communautés ; de partager les meilleures pratiques de résilience culturelle exercées dans les communautés du Sud-Kivu et de la Région de Grands Lacs ; influencer le renforcement de la coopération interculturelle pour mener des actions en synergie pour la paix dans la région des grands lacs ; informer les participants sur les aspects pratique de la culture de paix ; dégager les engagements, recommandations pour réduire les stéréotypes à caractère culturel dans une perspective de consolidation de la paix.

Les communautés représentative dans l’atelier dont les Bashi-Bahavu, Babembe-Barega-Batembo, Bavira-Banyindu-Bafuliru-Barundi, Bahutu-Banyamulenge-Batwa, les communautés transfrontalière et autres communautés congolaises se sont regroupés en travaux de carrefour, pour énumérer différentes bonnes pratiques pour lutter contre les stéréotypes et de dégager des innovations pour la résolution des conflits au sein des communautés.

L’octroi des terres à la femme, la sensibilisation et conscientisation sur les valeurs culturelles, l’interdiction des discours de haine au sein des familles antagonistes, la connaissance des valeurs culturelles de nos communautés, ainsi que l’organisation des voyages de paix, sont là, entre autres quelques  innovations ressortis au cours des travaux de carrefour des participants.

Les participants ont enfin formuler quelques recommandations dont :

– Prêcher la valeur de la solidarité intercommunautaire dans les cours de civisme, des valeurs et symboles de la paix dans des institutions et universités, dans les Églises, dans les milieux sportifs, dans des partis politiques pour la promotion de la paix.

– Interpeller les ainés de nos communautés et les acteurs politiques sur les questions liées aux stéréotypes et voir comment les contourner.

Signalons que la séance a été participative avec une bonne ambiance et un fructueux échange sur les différentes expériences acquises par chaque communauté représentée sur des questions liées stéréotypes et résolutions des conflits.

Disons que les objectifs fixés ont été atteints.

CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PAIX

CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PAIX

Action pour la Paix et la Concorde ( APC) invite le gouvernement de la RDC et tous les
acteurs non étatiques intervenant dans le secteur de la paix à redoubler d’efforts en vue de
stabiliser la partie Est de la République démocratique du Congo en particulier et la RDC en
Général en Proie à la recrudescence des groupes armés nationaux et étrangers. Cet appel a
été fait par Sosthène MALIYASEME Directeur de Programme de APC, lors de son adresse à la
presse et en marge de la commémoration le 21 Septembre 2022, de la journée
internationale de la Paix.
Célébrée au niveau international sous le thème « Mettre fin au racisme, Bâtir la paix », cette
journée a été commémorée en RDC dans un contexte d’occupation de la ville de Bunagana
et autres entités de la province du Nord-Kivu par les rebelles du M23 provoquant ainsi la
propagation entre communautés des messages d’appel à la haine et à la xénophobie. A côté
des conflits armés qui écument la partie Est de la RDC, figurent aussi ceux liés à l’exploitation

des ressources naturelles et de pouvoir coutumier entrainant des tensions
intercommunautaires.
Les enjeux politiques, économiques et les dimensions régionales des conflits sont parmi les
obstacles au retour de la paix dans la partie Est de la RDC. Malgré les défis, la RDC est
engagée dans le processus de rétablissement de la paix. Les organisations non
gouvernementales ne sont pas du reste. Elles conduisent plusieurs processus de paix. C’est
le cas de Action pour la Paix et la concorde qui conduit les processus de paix dans les
provinces du Sud-Kivu, Nord-Kivu, Kasaï, Ituri, Kinshasa en RDC et dans les villes frontalières
du Burundi et du Rwanda pour convaincre les parties prenantes aux conflits à renoncer à la
violence et à s’inscrire dans la logique de la restauration de la paix à l’est de la RDC et dans la
sous-région.
En marge de la commémoration de cette journée internationale de la paix, APC a mis en
œuvre deux activités. Elle a :
– organisé du 23 au 24 Septembre 2022 à Goma, un atelier sur le Programme de
Désarmement Démobilisation Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS)
avec la Coordination de ce Programme dans la Province du Nord-Kivu en vue de
l’accompagner dans le Processus DDRCS.
– organisé le 23 Septembre 2022 à Bukavu, le dialogue interculturel afin que les
membres de différentes cultures de la province du Sud-Kivu apportent leur
contribution à la construction de la paix.

Pour restaurer et consolider la paix dans la partie Est de la RDC, APC recommande au
gouvernement congolais d(e) :

– améliorer la gouvernance car plusieurs conflits sont liés à la mauvaise gouvernance
et à l’accès non équitable aux ressources)
– doter la RDC d’une armée républicaine et dissuasive
– soutenir valablement le processus de la centralisation
– faire une analyse profonde des causes de conflits pour développer des actions qui
responsabilisent beaucoup plus l’État dans la recherche des solutions aux causes
profondes des conflits qui déchirent partie Est de la RDC.
A côté de l’appel lancé par APC figure celui, du Secrétaire Général de Nations Unies. Antonio
Guterres a invité tout le monde a joué un rôle dans la promotion de la paix. Pour lui, pour
parvenir à une paix durable, « il faut bien plus que déposer les armes. Il faut construire des
sociétés où tous les membres ont le sentiment de pouvoir s’épanouir. Il s’agit de créer un
monde dans lequel les gens sont traités de manière égale, quelle que soit leur race ».

LUTTER CONTRE L’EPUISEMENT PROFESSIONNEL, UN IMPERATIF DE SURVIE

Pendant 3 jours à Bukavu au Sud-Kivu, une douzaine d’agents du Rwanda, du Burundi et de la RDC délégués par des Organisations de la Société Civile, dont Action pour la Paix et la Concorde, APC, ont réfléchi sur les souffrances causées par le travail, atelier animé par des psychologues disponibilisés par l’asbl Réseau Associatif pour la Psychologie Intégrale (RAPI) basée à Bukavu. Cet atelier, facilité par le Service Civil pour la paix de la GIZ, a démarré sur le constat que, tout au long de l’année, le travail en général génère du stress et, en particulier, l’accompagnement de la transformation des conflits peut parfois conduire à des traumatismes. C’est pourquoi, le but du travail étant de procurer le bien-être au travailleur et à son environnement social, il convient d’acquérir des techniques pour maintenir ou rétablir son équilibre mental tant que c’est possible de gérer soi-même la situation. Sinon, quand la situation génère le stress et que ce dernier conduit au traumatisme, la personne qui le subit doit se faire aider par des professionnels de santé mentale pour s’en sortir.

Le débriefing émotionnel.

 Comment prendre soin de soi-même pour déstresser ? Comment se détendre ? Comment remettre ses émotions à un degré acceptable après un évènement stressant ? Il faut trouver un moyen de les faire sortir à l’extérieur à l’aide de la parole. Justement, le débriefing émotionnel en donne l’occasion en tant que technique qui aide à verbaliser ses émotions et à exprimer ses préoccupations personnelles.

En effet, s’occuper des problèmes des autres est en soi traumatisant et peut amener jusqu’à perdre le goût de la vie dans le cas où la personne qui écoute l’autre est tellement affectée par ce qu’elle entend ou observe qu’elle se met dans la peau de la victime avec une telle empathie que son propre cerveau reproduit les stimulations des mêmes effets des souffrances que celles de la victime première. C’est pourquoi il est vivement conseillé d’évacuer ses souffrances à l’aide de la parole qui met des mots sur elles et les rend visibles au lieu qu’elles restent inconscientes. Sinon le corps manifeste par des réactions physiques les effets des évènements traumatisants qui sont paralysants à partir du moment où le cerveau les restitue à l’improviste parce que le bien-être santé mental est perturbé.

pour cela qu’une séance de débriefing émotionnel a le rôle d’ouvrir les plaies qui rongent la victime de l’intérieur. Raison pour laquelle il est préférable qu’elle soit menée par des personnes formées pour cela au risque d’aggraver les blessures intérieures de la victime ou d’être soi-même affecté. De ce fait, bien que le stress soit naturel et normal et serve à alerter la personne, le but de reconnaitre le stress est d’éviter que tous ses symptômes ne s’accentuent jusqu’à tomber dans l’épuisement professionnel.

Travailler sous stress !

Plusieurs entreprises répercutent sur les travailleurs la pression de la concurrence ou de la recherche des financements. Voulant satisfaire le Conseil d’Administration ou l’Assemblée des actionnaires, les dirigeants mettent la pression sur les agents sous leurs ordres et demandent toujours plus en termes de production, de rendement, d’efficacité, bref de compétitivité. L’agent sous pression ne connait plus de repos. Il a des angoisses, la terreur et n’a plus d’énergie. Il n’a plus envie de rien faire, plus de courage et, parfois, il finit par se déconnecter de sa vie familiale et sociale. A ce niveau, être optimiste ou partager sa situation avec ses collègues ne lui suffit pas.  Son cerveau se rebelle et ne lui donne plus de nouvelles idées au moment même où il perd petit à petit le goût de la vie. Dans les cas extrêmes, cela conduit jusqu’au suicide. La santé mentale n’a pas de prix. Le cerveau humain a des limites. Vouloir satisfaire à tout prix aux ordres peut mener à l’incompétence. Et c’est là que les professionnels de la santé mentale font remarquer que : « le bureau que tu occupes aujourd’hui, quelqu’un d’autre l’a occupé avant toi. Et il suffit que tu le laisses pour une bonne ou mauvaise raison pour que quelqu’un d’autre l’occupe à son tour. » Pire encore : « la souffrance qui t’attrape au travail, tu la ramènes à la maison et la répercutes sur ton conjoint, tes enfants et ton entourage. » Donc, au moment où toi tu bouscules tout pour être performant, ton corps te dit j’ai besoin de repos mais tu ne l’écoutes pas.

Préserver le bien-être santé mentale pour garder son équilibre.

Des études sur le stress en milieu professionnel ont défini le ‘’burn out’’ ou épuisement professionnel comme une fatigue mentale et émotionnelle du cerveau telle que la victime devient incapable de produire le résultat attendu dans le travail pour lequel elle a été engagée et est payée. Il est alors facile de comprendre pourquoi il est capital de reconnaitre le burn out à ses débuts et réagir suffisamment tôt pour ne pas tomber dans le cas d’épuisement professionnel qui demande des ressources difficilement accessibles dans l’état actuel de la RD Congo.

Que se passe-t-il lorsque votre travail devient insupportable ? Le travail peut-il rendre fou ? La santé mentale est un état complet de bien-être physique, mental et social d’une personne et non l’absence d’une maladie. Etre en bonne santé mentale ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème. Seulement, la personne doit veiller à se trouver toujours à un niveau où elle peut surmonter ses difficultés. Soutenir la santé mentale au travail n’est plus une option mais une nécessité. Les facteurs de risque liés au travail peuvent nuire à la santé mentale et favoriser le développement de multiples troubles psychologiques. En effet, intervenant depuis le Kenya, la psychologue RIKE est formelle : « du côté des décideurs dans l’organisation si on ne fait pas attention à la santé mentale au travail, on risque de perdre le personnel et l’efficacité. Quant aux travailleurs, chaque individu doit faire attention à se nourrir correctement et suffisamment, dormir assez et avoir de bonne relations avec ses collègues. »

Bref, la santé mentale et les performances humaines en entreprise ne sont pas deux objectifs distincts mais deux parties de la même question.  C’est une bonne santé mentale qui permet de gérer le stress et de renforcer la résilience pour atteindre son plein potentiel. Le bien-être au travail doit donc être une priorité absolue aussi bien pour l’individu que pour ceux qui sont aux postes de responsabilité dans l’organisation ou l’entreprise.

Le chemin de la guérison.

Qu’est-ce qui donne de l’énergie ? Indéniablement, toute personne doit analyser sa situation en répondant pour elle-même à des questions comme :

  • Quelle situation me donne le plus de stress ?
  • Qu’est-ce qui épuise mon énergie mentale et physique ?
  • Où est-ce que je sens le stress dans mon corps ?
  • Quelles sont les signes de stress dans mes relations ?
  • Quel est mon comportement typique quand je suis stressé ?
  • Qu’est-ce que je ressens dans mon cœur quand je suis stressé ?

Finalement, comment prendre soin de soi-même ?

  • Rire (c’est thérapeutique) ;
  • Aider les autres ;
  • Dormir suffisamment ;
  • Etre actif suffisamment ;
  • Avoir une alimentation saine ;
  • Prendre le temps de faire des activités plaisantes ;
  • Développer des habiletés d’adaptation et de gestion du stress ;
  • Avoir des liens positifs et significatifs avec d’autres personnes ;
  • Sommeil régulier et suffisant ;
  • Limiter le nombre d’heures passées à travailler sur les tâches difficiles ;
  • Parler des cas / situations difficiles avec ses collègues professionnels mais PAS avec vos amis ou votre famille ;
  • Ne pas ramener du travail à la maison ;
  • Rechercher et obtenir de l’aide professionnelle si nécessaire.

En tant que prestataire, chacune et chacun doit porter une attention particulière à ce qui peut l’épuiser et aux signes psychologiques et somatiques de l’épuisement. Finalement, le problème n’est pas de faire une fixation sur les personnes qui sont à des postes de responsabilité mais bel et bien d’avoir un focus commun sur le travail qui ne doit pas fonctionner avec le travailleur comme une canne à sucre à sucer pour en tirer le jus sucré et la jeter à la poubelle tout de suite après.

Par Prosper Hamuli Birali.

CONTRIBUER A LA CONSOLIDATION DE LA PAIX PAR UNE TABLE RONDE REGIONALE D’ECHANGE D’EXPERIENCES ET D’INITIATIVES DE PAIX ENTRE ACTEURS REGIONAUX DE PAIX DANS LES GRANDS LACS AFRICAINS

CONTRIBUER A LA CONSOLIDATION DE LA PAIX PAR UNE TABLE RONDE REGIONALE D’ECHANGE D’EXPERIENCES ET D’INITIATIVES DE PAIX ENTRE ACTEURS REGIONAUX DE PAIX DANS LES GRANDS LACS AFRICAINS

En pleine période de vive tension entre le Rwanda et la RDC qui s’accusent mutuellement de soutenir des rebelles pour déstabiliser l’autre et d’une brouille politique entre le Rwanda et le Burundi qui menace sérieusement la cohésion sociale transfrontalière entre ces deux pays, le Service Civile pour la Paix (SCP) de la GIZ vient de faciliter la tenue à Goma au Nord-Kivu (RDC) d’une Table Ronde réunissant 20 acteurs civils venant du Rwanda, du Burundi et de la RDC. C’était les 2 et 3 septembre 2022. Le fait que ces acteurs de paix, originaires des pays en tensions, se soient retrouvés est déjà un témoignage en soi que des alternatives à la violence sont possibles.

En effet, en  2019, le Service Civil pour la Paix de la GIZ et ses partenaires avaient réalisé une analyse du contexte régional  qui a dégagé plusieurs facteurs caractéristiques de la dynamique des conflits dans les Grands Lacs africains. A l’époque, les tendances de fond contre la paix étaient constituées par : l’exploitation illégale des ressources naturelles, l’activisme des groupes armés, les manipulations des jeunes et les stéréotypes ainsi que la culture de confrontation et de violence et, enfin, le taux de trauma élevé. Jusqu’à ce jour, malgré la catastrophe sanitaire de la pandémie du COVID-19, apparue en 2020, ces dynamiques des conflits restent globalement celles identifiées par l’analyse ci-haut citée.

Pour répondre à ce contexte de non paix et de conflits, on remarque une fragmentation des approches des Organisations de la Société Civile (OSC) dans la contribution à la construction de la paix. Chaque OSC agit dans son coin presque sans se préoccuper de ce que fait l’autre. De ce fait, il est souhaitable d’établir des passerelles d’échanges entre elles.

Dans une telle perspective, comment travailler ensemble ? C’est notamment en renforçant les échanges sur le contenu des contributions de chacun. C’est cet échange d’expériences qu’a proposé cette table ronde de deux jours à Goma et qui a permis d’apprendre les uns des autres.  Bien que cet atelier se tienne dans un contexte de fortes tensions entre pays de la sous-région des Grands Lacs, l’espoir est grand de voir en sortir des problématiques, un potentiel de paix et une vision vers une paix régionale.

Et la Table Ronde de Goma a établi que l’insuffisance de mobilisation des acteurs clé, spécialement les décideurs, la globalisation, les stéréotypes et la transmission des mémoires des conflits régionaux, les manipulations identitaires et politiciennes et la résistance à la réconciliation pour surmonter la haine ethnique sont des défis persistants dans les Grands Lacs africains. Pour s’y attaquer un potentiel de paix existe réellement. C’est notamment le cas de l’existence de facilitateurs aux capacités renforcées ainsi que de plateformes et synergies régionales d’acteurs civils et des Associations pour la réconciliation et appui aux victimes dont les capacités ont été renforcées.

Il reste alors à répondre à la question : que faire concrètement pour lutter contre cette tendance à l’isolement dans une zone d’intervention commune et face à des défis communs ? Que faire pour éviter les chevauchements ? Quelles sont les personnes / Organisations qui acceptent d’agir ensemble ? Quels produits partageables peuvent sortir d’un processus de co-création ?  Il y a là un potentiel pour la mise sur pied d’un Réseau qui travaille sur la création de produits pouvant servir à d’autres et à la communauté. Pour cela, il faut juste essayer d’aller jusqu’à développer des indicateurs, des output et des activités qui traduisent les résultats de cet atelier.

En définitive, il est à espérer que de ces assises soient sortis des Rwandais, des Congolais et des Burundais conscientisés sur leurs lignes de force dans la transformation non violente des conflits, grâce à une connaissance de ce que font les uns et les autres pour la paix dans les Grands Lacs, en vue de trouver des actions partageables, pertinentes et adaptées pour la prise en compte des leçons tirées des expériences des uns et des autres.

Enfin, comme cet atelier a été aussi organisé par les partenaires du SCP/GIZ pour améliorer les capacités d’intervention des acteurs régionaux de paix à partir des leçons tirées des expériences des uns et des autres, il est envisageable d’imaginer une liste d’acteurs capables de travailler ensemble et d’initiatives de paix partageables prêts pour la mise en œuvre de la vision du Programme Régional SCP/GIZ  dans leurs milieux respectifs.

Goma, 04 Septembre 2022

Prosper Hamuli Birali

APC APPELLE A LA PAIX ET AU VIVRE ENSEMBLE DANS LA SOUS REGION DES GRANDS LACS.

APC APPELLE A LA PAIX ET AU VIVRE ENSEMBLE DANS LA SOUS REGION DES GRANDS LACS.

 

En pleine tension entre la RDC et le Rwanda, l’ONG Action pour la Paix et la Concorde appelle les décideurs de la sous-région des grands lacs à imposer urgemment la paix en RDC et les populations de la RDC et du Rwanda à préserver le vivre ensemble harmonieux en bannissant les discours de haine.  Cet appel intervient, pendant que le contexte socio-sécuritaire dans les pays de la sous-région des grands lacs et l’Uganda se détériore du jour au lendemain suite à la résurgence des incursions armées du Mouvement du 23 Mars (M23) dans la Province du Nord-Kivu en RDC. Du coup, les gagne-petit de ces deux pays, femmes et jeunes vivant du commerce transfrontalier, sont beaucoup plus affectés négativement par les contre coups de cette guerre du M23.

Suite à cette énième agression, des  messages de haine, des mensonges surtout dans les réseaux sociaux, visant à fragiliser la confiance mutuelle transfrontalière, des appels à la xénophobie sont développés en marge de l’information sur les évènements tragiques et véhiculés dans la communication sur les faits et les effets de ce qui arrive sans que les victimes n’en comprennent les tenants et les aboutissants. Le risque que tout le monde soit embarqué et plongé dans la violence est probable.  Face à cette situation d’impasse socio-sécuritaire,  Action pour la Paix et la concorde, APC, par le biais de son Directeur Exécutif recommande :

  • aux organisations de la société civile qui œuvrent pour la paix dans la sous-région des grands lacs, de se réunir rapidement et mettre en place des initiatives pour aller auprès des preneurs des décisions du Rwanda, de la RDC, du Burundi, de l’Uganda et du Kenya et leur dire clairement les attentes  des populations des grands lacs et particulièrement ceux de la RDC et du Rwanda en vue d’un retour de la paix durable et du vivre ensemble harmonieux entre ces peuples.
  • aux gouvernements Congolais et Rwandais, de règlementer l’usage des réseaux sociaux. Déogratias Buuma, Directeur Exécutif de APC, s’est dit consterné de constater qu’en cette période de tension entre la RDC et le Rwanda, que beaucoup d’audio et de vidéos promouvant la haine, la xénophobie, l’exclusion sociale d’une certaine catégorie de personnes soient publiés à travers les réseaux sociaux avec, comme conséquence, la fragilisation du vivre ensemble. Action pour la Paix et la Concorde, APC, appelle les instances judiciaires de ces deux pays, à envisager des sanctions individuelles à l’égard des auteurs de tels messages.
  • à ceux qui voudraient accompagner l’armée nationale FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) engagées au front contre le M23, de suivre la voie lancée par les autorités congolaises. Ils doivent alors s’enrôler auprès des FARDC ou de la Police Nationale Congolaise (PNC), suivre la formation s’ils répondent aux critères prédéfinis par les autorités compétentes et servir sous le drapeau au moment venu. Pour le Directeur Exécutif National de APC,  initier tout autre mouvement en dehors de la règlementation faite par les autorités congolaises,  c’est vouloir compliquer la situation et ne pas servir la Nation de manière la plus positive et citoyenne qui soit.

Enfin, cette reprise des armes par le M23 survient alors que la Présidence de la RDC venait de lancer fraichement son nouveau Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS). Pour APC, ce programme P-DDRCS tombe à point nommé pour affronter le défis de voir certains jeunes rejoindre l’armée dans des conditions acceptables pour assouvir leur soif de contribution patriotique dans la bataille contre le M23.

A ce sujet, APC pense que l’idéal serait que tous les membres des groupes armés remettent d’abord leurs armes comme le soutien de vive voix le gouvernement, adhèrent au P-DDRCS et que chacun qui le veut et qui remplit les conditions s’inscrive individuellement dans l’armée nationale FARDC pour servir sous le drapeau.

DECOUVRIR LES PROBLEMES DES FEMMES EN EXPLOITANT L’APPROCHE WEE.

DECOUVRIR LES PROBLEMES DES FEMMES EN EXPLOITANT L’APPROCHE WEE.

Par Prosper Hamuli Birali,

Pendant quatre jours, une dizaine d’assistants programme à l’ONG Action pour la Paix et la Concorde, APC, se sont retrouvés dans une formation organisée par Mercy Corps pour renforcer leurs capacités en promotion du genre et inclusion de la jeunesse. Plusieurs notions ont fait l’objet d’échanges et de discussions. C’est notamment le cas de ce qu’on entend par une politique comprise comme un ensemble de principes qui déterminent la mission. Elle donne les lignes directrices. La stratégie quant à elle est une série d’actions définies pour atteindre les cibles et se démarquer des autres dans un temps donné. Enfin, l’approche n’est rien d’autre qu’une action menée pour atteindre les résultats escomptés.

Justement, ce qui motive au plus haut point la participation active des agents APC c’est de réaliser qu’au bout de cette aventure, le résultat attendu de cette session de formation est un document de politique genre et jeunesse pour leur ONG APC.  Mais pour y arriver beaucoup d’autres notions intéressantes ont retenu l’attention des participants. C’est notamment le cas de la réponse à la question : « Comment détecter les problèmes des femmes ? » Si pour l’atelier la réponse demandait de faire une analyse genre, d’utiliser des approches centrées sur les femmes et de revisiter ses projets, pour le commun des mortels appliquer ces réponses s’avère être un vrai casse-tête. C’est le cas de l’exploitation de l’approche WEE, sigle défini comme ‘’Women Economic Empowerment’’. Il s’agit d’une « approche du développement économique qui s’attaque aux inégalités économiques et  sociales généralisées entre les femmes et les hommes et centrée sur l’intersection de l’égalité des  sexes et de la croissance économique en tenant compte de l’accès aux ressources et le pouvoir  pour agir et prendre des décisions économiques et autres. »

Cette approche présente d’énormes avantages pour détecter beaucoup de problèmes des femmes à l’instar de  ceux liés à la répartition non équitable des  ressources, les causes sous-jacentes des écarts d’égalité entre les sexes , etc … Elle augmente aussi la résilience économique en général à travers la réduction de l’écart  salarial généralisé entre les hommes et les femmes et aussi l’autonomisation économique  des femmes stimule la diversification économique. Enfin, elle contribue au bien-être général, y compris à des résultats positifs en matière  sociale, de santé et d’éducation. En effet, lorsque les femmes ont un meilleur accès économique et  un meilleur contrôle de leurs actifs, elles sont en mesure d’investir dans leur propre  éducation et peuvent choisir quand et si elles se marient et ont des enfants.

Les résultats de cet atelier seront exposés aux décideurs des Organisations APC et Mercy Corps

 

LES MEMBRES DES COMMUNAUTÉS SECURISENT LA TERRE PAR LES TITRES FONCIERS COUTUMIERS

LES MEMBRES DES COMMUNAUTÉS SECURISENT LA TERRE PAR LES TITRES FONCIERS COUTUMIERS

Trente-deux membres des communautés locales de la chefferie de Buhavu en territoire de Kalehe ont acquis auprès de l’entité territoriale décentralisée des actes d’occupation et d’exploitation d’un terrain coutumier en vue de sécuriser leurs terres contre toutes les tentatives des spoliations, de dépossessions et des conflits éventuels qui sont récurrents dans la communauté.

La cérémonie de remise de ces titres s’est déroulée le 04 Juin 2022 à Kalehe dans la cour royale de la chefferie. Elle a été organisée par la chefferie avec l’appui de l’ONG Action pour la paix et la concorde (APC asbl) dans le cadre de son projet Food Security Project qu’appui financièrement Mercy corps.

Cette activité marquée par la cérémonie de remise des titres avait comme objectif principal de motiver les communautés à adhérer massivement au processus de sécurisation foncière coutumière en vue de sécuriser leurs terres et contribuer dans la réduction des conflits liés au foncier dans le groupement Mbinga sud en chefferie de Buhavu, territoire de Kalehe.

Peu avant ce processus de sécurisation foncière à base coutumière, APC asbl  a lancé à partir de l’année  2008, un processus de Recherche –Action-Participative sur les conflits fonciers dans le territoire de Kalehe. Cette recherche avait révélé que l’oralité, l’opacité qui caractérisent les transactions foncières et la compétition du pouvoir de gestion de terres entre l’administration foncière et les chefs coutumiers étaient parmi les causes récurrentes des conflits fonciers dans l’entité.

Cette étude avait aussi montré que 70% des paysans de Buhavu ne disposent pas des titres ou documents attestant l’occupation de terres qu’ils occupent et exploitent. Le système d’oralité dans la gestion des terres a été à la base des plusieurs conflits dont ceux des limites, de dépossession des terres, de spoliation etc.

Ainsi, en termes de réponse à ce problème communautaire, les autorités coutumières et les leaders des communautés s’étaient lancés de plein pied depuis 2012 dans le processus de sécurisation foncière. Cette dernière passe essentiellement par trois étapes qui sont (a) la reconnaissance  des droits fonciers (participation de tous les voisins,  autorités du village et les membres de la commission d’enquête) ; (b) l’enregistrement des droits fonciers (au niveau du Groupement et ce, sur base du Procès-Verbal  de reconnaissances des droits issus de la commission d’enquête du village et la (c) la certification des droits fonciers par la Chefferie comme Entité Territoriale Décentralisée(sur base de la documentation issue du Groupement).

Grace au projet Food Security Project, la chefferie de Buhavu en collaboration avec Action pour la Paix et la Concorde a livré dans ladite chefferie jusqu’à la date du 04 Juin 2022, 93 titres fonciers coutumiers. Saluant les efforts que déploient la chefferie et Food Security Project pour la sécurisation foncière des terres des communautés, les requérants ont vanté la valeur du document :

  • « En tant que femme, je suis très joyeuse d’obtenir aujourd’hui mon certificat. Dans notre coutume, on nous racontait que même si la femme héritait ou achetait un champ ou une parcelle, elle n’avait pas droit d’accéder au document de sécurisation. Mais moi aujourd’hui, je viens de sécuriser mon champ contre toute tentative d’accaparement ou de spoliation » a déclaré madame Lwangilwa Justine, une des requérantes.
  • « Vraiment merci à la chefferie et APC pour cette initiative de sécurisation foncière à base coutumière.  Merci pour les sensibilisations qui ont été faites par les Cadres de Dialogue et médiation (CDM) dans ce sens. A la date d’aujourd’hui, ma concession est désormais sécurisée.  Ce titre que je viens d’obtenir aujourd’hui est d’une importance capitale. Sur base de ce document je peux même aller ou demander le crédit auprès d’une institution des microfinances et lancer mes activités génératrices des revenues » a avoué Monsieur Sagahara Henri.

Le représentant de APC à ces cérémonies, Innocent Bisimwa, Chef de Projet Food Sécutity Project, s’est dit satisfait devoir que les sensibilisations à la sécurisation foncière à base coutumière faites par les CDM ont produit les fruits. Pour lui, ces certificats pourront régler les conflits liés à la dépossession des terres, des limités et spoliation dans la zone de santé de Kalehe en particulier et dans la chefferie de Buhavu en général. Celui-ci a profité de cette occasion pour informer les autorités locales et coutumières, les leaders communautaires, organisations de la société civile et membres des communautés de l’évolution du processus de la réforme foncière dans laquelle la RDC s’est engagée depuis 2012 en vue de réviser la loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 dite loi foncière.

Pour lui, la RDC s’est déjà dotée d’un document de politique foncière nationale qui lève les options parmi lesquelles la décentralisation foncière.

En avril 2022, la RDC s’est dotée d’un document de politique foncière nationale qui lève des options fondamentales qui guident l’avant-projet de la loi foncière en cours (décentralisation foncière).

Ce document important renferme les bases d’une réforme tenant compte des droits et besoins des communautés et des groupes vulnérables comme les autochtones en prévoyant dans ses options fondamentales la conciliation du foncier traditionnel et du foncier moderne ainsi que le renforcement de la participation des parties prenantes dans les processus décisionnels relatifs au foncier.

En poursuivant, il informe aux participants à la cérémonie que le document prévoit d’organiser un cadastre coutumier en insistant sur les modalités de contrôle local des opérations d’immatriculation ou de certification foncières.  En plus, qu’une commission a été mise en place pour assurer le toilettage du document portant projet de la nouvelle loi foncière qui devra suivre le processus législatif en matière d’adoption des lois avant sa promulgation par le chef de l’Etat.

Pour sa part, Claude Amani Magadju, Secrétaire Administratif de la chefferie de Buhavu, a invité toute la population de Buhavu à s’approprier le processus de sécurisation foncière à base coutumière.

La chefferie avec ses partenaires APC, Mercy Corps et les CDM vont intensifier des sensibilisations auprès de ceux qui hésitent encore afin que la sécurisation foncière soit effective dans toute la chefferie de Buhavu.

Pour clore ses propos, le Secrétaire Administratif de la chefferie de Buhavu a rappelé aux participants (membres des communautés, chefs des villages et groupements, les usagers fonciers, les services fonciers, les membres des CDM et autres acteurs locaux) que les frais d’acquisition du titre foncier coutumier restent fixés à 35 dollars américains par hectare.

Par Prosper Hamuli Birali

La visite officielle du couple royal et du Premier Ministre belges en RD Congo vient de commencer par Kinshasa, la capitale du pays. S’adressant à la Nation congolaise depuis l’esplanade du Palais du Peuple abritant le Parlement, le Roi Philippe a précisé : « Par ce voyage, nous voulons souligner que la Belgique continuera de soutenir toutes les initiatives qui contribuent au bien-être de votre pays et qui offrent au peuple congolais un surcroît tellement nécessaire de bonne gouvernance, de prospérité, de santé, de sécurité et de justice. Notre engagement vis-à-vis de la RDC reste le même : celui d’un soutien ferme à la stabilisation et la démocratisation du pays ainsi qu’au respect des droits humains. »

Du coup, tous les journaux parus à Kinshasa se sont tournés vers la classe politique pour recueillir leurs attentes par rapport à ce voyage qui inaugure une « nouvelle ère de l’Histoire entre Kinshasa et Bruxelles ». Selon ces tabloïdes, « sur les priorités de son pays, le président Tshisekedi a insisté sur le fait qu’il n’y a pas de développement sans sécurité ; il n’y a pas de stabilité sans paix. » (Quotidien L’Avenir) D’autres acteurs politiques ont plutôt espéré voir « les deux pays réparer leur passé douloureux et travailler ensemble en vue d’améliorer le futur. » (Journal La Prospérité) Dans tous les cas, «  Les échanges sur les projet de développement  et la coopération militaire constituent le point de départ de cette nouvelle page d’Histoire ». (Quotidien Forum des As)  C’est pour cela qu’il est important de « demander  au roi Philippe  de condamner  la guerre imposée à la RDC et souhaiter son implication pour un retour définitif de la paix dans l’Est du pays, région qui n’a que trop souffert des bruits des bottes et des canons. » (Africa News)

Dans le programme de son séjour rendu public, il est prévu une visite à Bukavu au Sud-Kivu ce dimanche 12 Juin 2022.  Aussitôt informé, le Maire de la ville a édicté une série de mesures pour encadrer l’accueil de l’illustre hôte qui prévoit de rencontrer le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege à son célèbre hôpital de Panzi et visiter l’Institut International des Techniques Agricoles en Afrique Centrale.

Comme dans ses mesures Mr le Maire enjoint à tous, entre autres, d’immobiliser leurs engins roulants, de repeindre les façades des maisons et de se masser autour de l’itinéraire à emprunter par le monarque belge et le premier ministre congolais représentant le Président de la République, la population est choquée que toutes les mesures d’embellissement de la ville qui n’interviennent jamais en temps ordinaire.

Globalement, cette visite est vécue au Sud-Kivu comme un soutien apporté par une très haute personnalité à la visibilité des réclamations portées par une population qui vient à peine de défiler dans les rues de Bukavu pour dénoncer l’agression du pays par des rebelles soutenus par un pays voisin.

En phase avec ce mouvement de revendication, dans son adresse à la Nation congolaise, le roi Philippe a dit clairement : « Il y a 62 ans, le Congo et la Belgique ont tourné une page essentielle de leur histoire commune. Depuis, votre pays a pris sa place, pleine et entière, dans le concert des Nations. Aujourd’hui vous souhaitez écrire un nouveau chapitre dans nos relations et regarder vers l’avenir, encouragé par la formidable jeunesse du peuple congolais qui ne demande qu’à valoriser ses talents. Ecrivons ce nouveau chapitre ensemble. Sans oublier le passé, mais en l’assumant pleinement, afin de transmettre à la nouvelle génération une mémoire réfléchie et pacifiée de notre histoire commune. »

Dans sa couverture médiatique du voyage officiel du Roi Philippe et de la Reine Mathilde de Belgique en RDC, la radio onusienne OKAPI  fait remarquer que : « Quelques acteurs politiques de la RDC ont salué, mercredi, 8 juin 2022, le ‘’discours sincère’’ du roi belge Philippe, tenu à l’esplanade du Palais du Peuple, à Kinshasa. Cependant, ils l’invitent à traduire ses promesses en actes concrets. Au cours de son allocution, le roi Philippe a réaffirmé au peuple congolais l’affection et l’amitié de la Belgique envers la RDC. Il a soutenu la préservation de l’intégrité territoriale de la RDC, en rappelant le combat de Lumumba pour l’unité de ce pays. ‘’L’insécurité dans l’Est de la RDC ne peut plus perdurer’’, a souligné le roi Philippe. Le Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale, André Mbata, estime qu’il s’agit là d’une promesse faite au peuple congolais. Selon lui, celui-ci ‘’attend maintenant voir comment la Belgique va pouvoir accompagner les promesses qui viennent d’être faites officiellement par Sa Majesté le Roi’’. »

Certains pensent également que si notre Prix Nobel lui tenait un discours de courtoisie mais plein de toutes les vérités que le Président de la République n’a pas pu lui dire, ce serait patriotiquement louable.

DEFIS ET OPPORTUNITES DES ELECTIONS 2023 EN RD CONGO.

DEFIS ET OPPORTUNITES DES ELECTIONS 2023 EN RD CONGO.

Par Prosper Hamuli Birali

En RD Congo, l’année 2023 est une année électorale. Or, depuis des décennies, la période électorale est émaillée d’actes de violences et de violations des droits humains. Que faire pour lutter pour l’éradication de cette fâcheuse tendance et avoir des élections apaisées surtout que des affrontements armés à la frontière entre le Rwanda et la RDC s’observent déjà bien avant la convocation du corps électoral ? Les deux pays s’en rejettent mutuellement la responsabilité en alléguant comme motif que l’un abrite sur son sol des rebelles qui déstabilisent l’autre.

Il se fait aussi que la même année 2023 coïncide avec le début d’une phase triennale du Programme Régional SCP / GIZ. Quel contenu donner à cette phase pour répondre aux tendances de fond du contexte dans les Grands Lacs africains ?    En effet, alors qu’à l’Est de la RDC les réseaux sociaux embrasent les esprits par une rhétorique guerrière qui renforce la psychose d’une invasion armée, l’ONG allemande Pain Pour Le Monde, PPLM, rassemble ses partenaires à Bukavu, du 31 Mai au 03 Juin 2022 pour une revue annuelle  de son intervention. PPLM étant l’émanation de l’Eglise protestante en Allemagne, l’atelier s’ouvre par une dévotion matinale, un prêche de Mgr l’Evêque, représentant provincial Sud-Kivu de l’Eglise du Christ au Congo.

35 participants, dont 14 femmes, soit 40%, sont conviés à plancher sur le thème : « Processus électoral 2023, notre contribution à la consolidation de la démocratie et la cohésion sociale en RDC. »  L’ONG Action pour la Paix et la Concorde, APC, est représentée dans cet atelier comme partenaire du Service Civile pour la Paix, SCP, de la GIZ. Par ce focus sur le processus électoral en RDC, cette occasion est une bonne opportunité pour réfléchir sur le cycle 2023 – 2026. Quelles approches, quelles thématiques pour cette phase du Programme Régional SCP / GIZ ?

Il faut partir par l’analyse du contexte. Rien que pour le Nord-Kivu, la présence et le fonctionnement d’institutions étatiques ainsi que la volonté affichée par l’autorité nationale et provinciale de faire face à la question sécuritaire sont contrebalancés par la persistance de la violence et de l’insécurité (massacres, kidnapping, …) malgré l’instauration de l’état de siège sécuritaire. Et puis, la suspension du gouvernement provincial et de l’Assemblée provinciale a pour effet une absence d’un dispositif de contrôle de l’action de l’autorité provinciale et l’arbitraire des animateurs de l’état de siège.

Dans le domaine économique, le dynamisme et la résilience économiques (boom immobilier, investissement individuel, …) et un partenariat public – privé opérationnel (routes, électrification, incubateur pour start up, pisciculture, …) sont ralentis et affaiblis par la persistance de la destruction du tissu économique au travers des attaques systématiques des convois des opérateurs économiques et le pillage des récoltes (cacao) et des ressources minières. A cela s’ajoute l’asphyxie des activités économiques par la sur taxation avec comme effet le découragement des initiatives entrepreneuriales.

Enfin, dans le domaine socioculturel, il est indéniable que la gratuité de l’enseignement primaire a augmenté la fréquentation scolaire. On observe aussi un dynamisme culturel suite aux initiatives de promotion des talents des jeunes (Festival Amani  Leo), une couverture médiatique qui arrose toute la Province, une résilience accompagnée par les Eglises ainsi que la fluidité de l’accès des populations aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Cependant, au même moment, la cohésion sociale est mise à mal par la montée de la violence comme mode de règlement des conflits et, pire encore, la prise de la drogue et la consommation courante de boissons fortement alcoolisées par les jeunes et même les enfants s’observe dans un contexte de faibles mesures d’accompagnement de la gratuité de l’enseignement qui diminue la qualité de l’éducation au Nord-Kivu. L’avenir est ainsi hypothéqué.

Cependant, après autant d’ateliers, de colloques, de Tables Rondes et de négociations autour du contexte de l’est de la RDC sans amélioration notable, où puiser encore l’énergie pour oser chercher à mobiliser des ressources en vue de poursuivre la recherche d’un meilleur avenir ? Il faut continuer encore et encore à capitaliser l’impact des actions entreprises, si minime soit-il, et construire sur les savoirs locaux producteurs de résilience pour la survie des populations qui supportent le poids du contexte. Pour Mme ANKE du PPLM, « la société civile peut contribuer à un changement permettant les élections plus justes que mérite la RDC. Avoir des élections est un droit. »

L’espoir de réussir réside dans l’existence de bonnes pratiques issues des précédents scrutins électoraux. C’est le cas notamment de :

  • Cycle électoral et lois qui régissent l’organisation des élections conformes aux standards internationaux ;
  • L’organisme de gestion des élections (CENI) est une Institution d’appui à la démocratie ;
  • Le système électoral comprend 11 élections ;
  • La sincérité des résultats est garantie par des juridictions.

Quant aux leçons tirées, retenons :

  • La contestation des élections présidentielles 2011 et 2018 sans recourir à la violence ;
  • « La RDC est championne en production de textes dont l’application pose problème par la suite» ;
  • Nombre élevé de partis politiques mais dégradation de l’indice de représentativité ;
  • « le parti présente ses candidats mais c’est l’ethnie qui vote» ;
  • Les acteurs politiques changent fréquemment de partis politiques ;
  • Les Assemblées sont des Assemblées de suppléants. Les citoyens ne se retrouvent pas dans les députés qui siègent réellement après avoir donné leurs voix à ceux qui ont choisi de laisser leur place à leurs suppléants.

« Se faire élire n’est pas une question d’idéologie mais d’appartenance à une ethnie. Les élections ne sont donc pas politiques mais identitaires. C’est un problème », s’étonne Gaudens Maheshe de la CENI Sud-Kivu.

Se pourrait-il un jour de faire participer la population à l’élaboration de la loi électorale ? Mal faites, les élections conduisent à la violence. En définitive, les maitres-mots de la gouvernance c’est la participation, la concertation et la performance dans la recherche de l’intérêt de tous.

 

 

Vers un Groupe de dialogue transfrontalier ‘’sentinelle’’ de la traversée des frontières de la RDC entre Bukavu et Kamembe.

Vers un Groupe de dialogue transfrontalier ‘’sentinelle’’ de la traversée des frontières  de la RDC entre Bukavu et Kamembe.

Par Prosper Hamuli Birali

Une fois n’est pas coutume, des bénéficiaires d’un projet,  arrêté suite à la clôture du financement, se sont rencontrés ce jeudi, 12 Mai 2022 à Bukavu, pour réfléchir sur la poursuite des réalisations communes en équipe composée de Rwandais et de Congolais comme dans le passé. Il était question d’échanger sur le nouveau visage à donner au Groupe de Dialogue Permanent, GDP, transfrontalier entre Bukavu (RDC) et Kamembe(Rwanda) en vue de lui donner une  nouvelle vie après l’arrêt des financements qui assuraient la logistique des rencontres.

  1. Des bâtisseurs de paix qui refusent de disparaitre !

« Actif depuis 2015, il est impensable que le GDP cesse d’exister alors que beaucoup de choses auxquelles il se consacrait restent à faire. Croiser les bras n’est pas non plus la solution. C’est un manque à gagner », lance d’amblée Didier Katembera. Nous sommes une Association qui contribue au rapprochement des communautés vivant dans les Grands Lacs africains et nous contribuons à la transformation des conflits qui naissent autour des activités nécessitant de traverser une frontière, soutiennent en cœur les autres participants. Et c’est lorsqu’on les entend égrener avec émotion les réalisations de leur GDP que l’on saisit toute la profondeur du cri du cœur de ces hommes et femmes qui ont la nostalgie du passé merveilleux vécu ensemble au prix du  dépassement des stéréotypes et préjugés. « Ce sont les difficultés affrontées en commun qui nous ont fait grandir après la découverte des réalités mutuelles. Et c’est en nous voyant réaliser des activités en commun que les chrétiens catholiques et protestants ainsi que l’ONG COSOPAX ont eu l’idée de monter des programmes transfrontaliers qui ont mobilisé de part et d’autres même des évêques », rappelle Mme Béatrice.

  1. Une expérience exaltante.

La fierté d’avoir contribué à un mieux-être n’est pas la moindre des raisons qu’ont les membres du GDP Bukavu-Kamembe de ne pas se décourager et perdre espoir. Tout le contraire !! Mme Béatrice est prolifique : « Je vois tout le plaidoyer que nous avons fait et qui a abouti à ne plus payer le jeton de marché délivré aux riverains, l’interdiction aux agents du service congolais d’immigration de faire payer le requérant qui sollicite de faire cacheter son passeport pour la première fois, ou encore la fouille respectueuse de la dignité humaine obtenue pour le passage de la douane à Bugarama côté rwandais. » Mme Aurélie enchaine : « Nos capacités ont été renforcées en économie solidaire, stéréotypes et préjugés, genre et mixité, lobbying et plaidoyer.  C’est le moment de mettre tout ça en pratique. » Pour Mme Suzanne, « même si les conflits persistent autour de la traversée, nous nous souviendrons toujours de l’arbre de paix que nous avons planté ensemble Rwandais et Congolais comme contribution à l’éducation à la paix et l’éveil de conscience sur la protection de l’environnement. C’est de là qu’est venu tout le débat sur le respect de la biodiversité du lac Kivu et la gestion des déchets dans la ville de Bukavu qui arrivent jusqu’à nous priver d’électricité lorsqu’ils atterrissent dans les conduites des barrages hydroélectriques qui nous alimentent. »

  1. Une vie après la fin des financements.

Avec le Covid, de nouveaux défis sont nés. « Les femmes qui font le petit commerce transfrontalier souffrent. Elles ont peu de moyens pour vivre et vendre. Comme traverser les frontières est compliqué par les mesures de lutte contre le covid, la solution trouvée, celle d’achats groupés, défavorise celles qui font de petites commandes. Elles reçoivent tantôt ce qu’elles n’ont pas commandé, tantôt des choses de mauvaises qualité, … impossible de discuter, l’argent est déjà parti et la marchandise livrée. Il faut faire quelque chose. Aller voir les services concernés comme on le faisait avant », relève Mme Aurélie. Pour Didier Katembera, « en plus des échanges dans le Groupe WhatsApp existant où il est possible d’organiser un débat et d’en tirer un positionnement sur une question cruciale, position que nous pouvons diffuser sur les réseaux sociaux, rappelons-nous que nous avons créé des clubs de paix dans les écoles à Bukavu et à Kalehe ainsi que des AVEC (Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit) qui dépérissent. Il faut les redynamiser et aller jusqu’à créer et faire fonctionner une AVEC du GDP lui-même. » Mme Béatrice rappelle que « nous avons un document en souffrance. Me Sethi et Didier rédigeaient un document sur les instructions à respecter pour traverser une frontière. Il faut le terminer et le traduire en langues courantes. » Il y a tant de choses à faire, surtout avec les jeunes dont la conscience doit être éveillée sur les méfaits de la manipulation.

  1. S’organiser en Observatoire ? Réseau ? Association transfrontalière ??

« Mon expérience est catégorique. Il n’est pas question de créer une Association de droit mixte entre le Rwanda et le Congo. Nous avons essayé, les Rwandais nous ont dit niet. Or il faut une personnalité juridique pour accéder aux financements », clarifie Mme Aurélie parlant de son expérience avec les chorales de chants religieux qui ont tenté de s’organiser de cette manière. Il serait pourtant envisageable de réfléchir sur une charte consacrant un Réseau où évoluent des Rwandais et des Congolais affiliés à des Associations de droit national dans leurs pays respectifs.

  1. En définitive, que faire pour faire subsister le GDP Bukavu-Kamembe ???

L’Association des Maires Francophones s’est montrée dans le passé très impressionnée par cette collaboration citoyenne transfrontalière telle que la réalisait le GDP. Il se serait intéressant de relancer ces contacts. En plus, la ville de Bukavu est dirigée aujourd’hui par un Maire qui connait personnellement l’apport du GDP à la cohésion sociale transfrontalière entre le Rwanda et la RDC. Ce serait un personne ressource pour des idées constructives.

En définitive, comme le dit si bien Mme Suzanne : « redynamisé le GDP Bukavu-Kamembe peut continuer à rester la sentinelle des contacts professionnels transfrontaliers et continuer le plaidoyer pour faciliter la traversée des frontières. »

Quelle feuille de route concocter pour un renouvellement d’un espace de vigilance sur la facilitation du commerce transfrontalier dans les G rands Lacs africains ?  C’est le principal défi sur la table de bâtisseurs de paix  formés dans le cadre d’un projet de dialogue transfrontalier sans financement et qui sont au chômage aujourd’hui.

Bukavu, le 13 Mai 2022

Prosper Hamuli Birali