SURVIVRE OU DISPARAITRE DANS L’EAST AFRICAN COMMUNITY. Point de vue des femmes et des jeunes à l’Est de la RDC.

Par Prosper Hamuli

 Au cours de la deuxième semaine du mois d’avril 2022, des femmes attendant d’être reçues en audience par le Premier Ministre en visite officiel à Goma discutent. Masika Kighana Espérance de la FEC / Nord-Kivu attaque : « Vous allez voir. Dès que les histoires de EAC (East African Community) commencent les marchandises vont se déverser sur nous, tu n’as pas idée ! Et pourtant les autres refusent nos choses au motif qu’elles ne sont pas aux normes. Moi je vois le jour où nous ne serons plus capables d’acheter parce que nous n’aurons pas d’argent du fait que nous ne vendons pas. » Eudoxie Nziavake, femme entrepreneure de Goma, lui répond : « Ma chère, j’ai demandé à nos collègues du Rwanda comment elles font. Elles m’ont dit que c’est leur gouvernement qui avait négocié avec la GIZ une formation sur la standardisation. Si les nôtres aussi nous forment sur cela c’est fini. Nous avons tout mais ne savons pas le valoriser. Les autres vont en profiter pour faire de nous leur marché même pour les choses à jeter. Tu vois ça ! » L’ingénieur K’Entwali Paidris, Commissaire Provincial des scouts du Sud-Kivu, ne voit pas les choses de la même manière : « Allons seulement ! L’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle. Laissez les Kényans, Rwandais, Tanzaniens apporter leurs productions ici. Nous serons obligés d’apprendre comment ils font. Quand le Kenya et la Tanzanie semi désertiques vendent la nourriture aux forestiers congolais ils leur ouvrent les yeux sur les opportunités d’exploiter les terres sur lesquelles ils dorment. » Jackson Kalimba, Président urbain de la Société Civile à Bukavu pense que : « Le business for peace c’est la solution du fait que gagner de l’argent dans les échanges économiques transfrontaliers établit entre clients et fournisseurs un dialogue qui déconstruit les stéréotypes et la stigmatisation, rétablit la confiance mutuelle et donne plus de chance à la naissance d’amitiés entre peuples. » Le chemin est donc encore long pour que les Congolais soient conscients des réels opportunités et défis apportés par l’appartenance de leur pays à plusieurs blocs intégrateurs en Afrique, dont la récente adhésion à l’EAC.

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