La communication non violente, parlons-en !!

La guérison par la communication non violente est-elle possible ? C’est autour de cette question qu’une trentaine d’acteurs de paix de la région des Grands Lacs africains, dont deux de l’ONG Action pour la Paix et la Concorde, APC, se sont réunis à Cyangugu, au Rwanda, ce lundi 28 Avril 2022.

Pour introduire la question, la facilitatrice a raconté l’anecdote suivante : « Au Kenya, à une femme qui prenait part à une formation sur la communication non violente alors que son ménage et d’autres villageois avaient de gros problèmes d’alimentation, les organisateurs ont posé la question de savoir pourquoi elle venait à la formation au lieu d’aller ailleurs pour chercher de la nourriture ! Sa réponse était simple : je dois stopper les violences domestiques dans mon ménage. C’est la condition de ma survie. » Cette femme était donc convaincue que si elle parvenait à s’adresser au mari, qui la battait, avec les outils de la communication non violente, elle parviendrait à le raisonner sur son comportement inacceptable.

Cette conviction part du constat que les besoins sont universels. Le besoin de sécurité, de paix, d’autonomie, de connexion ou d’être accepté est universel et ressenti par toute personne humaine quelle que soit son origine ou sa résidence. Par contre, ce qui diffère ce sont les valeurs. Or ces dernières sont construites selon la société. C’est pourquoi, il est inutile de se battre pour l’honneur alors qu’il suffit de mettre une parenthèse à cela, lorsqu’on le considère comme un besoin, pour gagner quelque chose de supérieur. C’est donc un choix.

Ainsi, la satisfaction des besoins peut engendrer des sentiments de plénitude ou douloureux selon qu’on a ce qu’on voulait ou qu’on est obligé d’opter pour ce qui est disponible. Le conflit ne se passe pas au niveau du besoin mais de sa satisfaction. C’est une négociation qui ouvre plusieurs options allant de la rareté à l’abondance.

Il est alors important que celui qui voudrait intervenir s’assure impérativement de demander à la personne à suivre si elle a besoin de son soutien. En cas de réponse positive, il doit alors s’engager à respecter l’anonymat et le secret parce qu’il s’agit d’entretiens confidentiels et non d’une récolte de nouvelles générales à diffuser dans la société.

Il doit aussi éprouver et montrer de l’empathie surtout pour les personnes qui ont vécu des expériences douloureuses. C’est le secret pour parvenir à gérer la colère, la culpabilité ou la honte manifestées par les personnes accompagnées.

Pourtant, l’essentiel est de réaliser que toute personne répond suivant l’état de ses besoins. Il ne faut donc pas penser que ce que je vous dis soit la raison de vos sentiments. C’est l’état de vos besoins que mon interaction met à jour.

Pourquoi choisir la communication non violente ? Les employés travaillent-ils mieux lorsque tu leur hurles dessus ?  Finalement la communication non violente est l’une des méthodes les plus efficaces pour la transformation non violente des conflits.

Pour plus d’information, lire « L’écoute empathique basée sur la communication non violente » par Dr Marshall Rosenberg.

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