Atelier de renforcement des capacités des acteurs locaux de Bunyakiri sur les résolutions 1325, 2250 et 2419 du conseil de sécurité des Nations-Unies

Il s’est tenu du jeudi 12 au vendredi 13 mars 2020 l’atelier de renforcement des capacités des acteurs locaux de Bunyakiri sur la connaissance des Résolutions 1325, 2250, et 2419 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies traitant respectivement du droit des femmes, de la paix et de la sécurité (Résolution 1325) et de l’implication des jeunes dans les actions de paix (Résolutions 2250 et 2419). 45 personnes, dont 30 femmes et 15 hommes, ont pris part à cette activité, parmi lesquelles les membres des structures communautaires, les Noyaux Tujenge Amani accompagnés par APC venus des Groupements de Bitale, Hombo Sud, Kambali, Karali, Karasi et Maibano mais également les membres d’autres structures communautaires de Bulambika, dont le Cadre de Dialogue et de Médiation (CDM) accompagné aussi par APC.

En marge de la Journée Internationale des droits de la Femme célébrée dans toute l’humanité le 8 mars de chaque année, cet atelier s’est tenu dans la grande salle du poste d’encadrement administratif de Bunyakiri, une entité du Territoire de Kalehe située à l’extrême Nord de la Province du Sud-Kivu, à 72 kilomètres de la Ville de Bukavu en République Démocratique du Congo (RDC).

Ces assises de deux jours ont été organisées par l’organisation APC, dans le cadre du projet Jeunesse Engagée pour la Paix dans la Province du Sud-Kivu. Appuyé financièrement par le Fonds du Secrétaire Général des Nations-Unies pour la promotion de la paix (PeaceBuilding Fund, PBF) ce projet est complémentaire au Programme Tujenge Amani mis en œuvre dans les Territoires de Kabare, de Kalehe, de Shabunda et de Walungu dans la Province du Sud-Kivu, financé, lui, par le Département Fédéral des Affaires Etrangères de la Suisse à travers son Ambassade en RDC. Ledit projet vise à Contribuer à la réduction des violences communautaires liées à l’implication des jeunes dans les groupes armés et autres conflits violents en vue de la stabilisation durable de la Province du Sud-Kivu en les impliquant dans le processus de paix dans leurs contrées, car, dit-ont, il n’y a pas de paix sans la jeunesse.

Les participants ont vu leurs capacités renforcées dans la connaissance desdites Résolutions afin d’éveiller leurs consciences du fait que la consolidation de la paix et la stabilisation dans leurs entités respectives est leur affaire. Ils ont été aussi sensibilisés sur l’importance de la contribution des femmes et des jeunes à la paix et à la sécurité dans l’entité de Bunyakiri.

Il sied de préciser que la Résolution 1325 est la première du genre sur le plan international à imposer aux différentes parties d’un conflit de respecter les droits des femmes et de soutenir leur participation aux négociations de paix et à la reconstruction post-conflit. La Résolution 2250, quant à lui, se focalise sur la jeunesse, la paix et la sécurité. Elle vise à faire participer et à impliquer les jeunes dans les actions de pacification pour résoudre les conflits, les protéger contre toute forme de manipulation, ainsi prévenir leur avenir contre toute sorte de tentative d’implication dans les actions de non-paix. Quant à la Résolution 2219, elle est venue en appui à la Résolution 2250 en responsabilisant aussi les acteurs non-étatiques, notamment ceux de la société civile, dans le respect de ses dispositions.

En marge de cet atelier, a été visualisée une vidéo intitulée « Demande de pardon à Bunyakiri » qui relate brièvement le résultat d’un processus de sensibilisation des combattants du groupe armé « Raia Mutomboki » jadis actifs à Bunyakiri, lequel processus a eu comme point culminant la demande de pardon, par les ex-combattants, à la population de Bunyakiri enfin de retourner dans la cité et vivre comme les autres citoyens congolais. Ce pardon est la manifestation d’un changement de comportement de la violence vers la paix dans l’entité de Bunyakiri.

Un autre moment fort qui a caractérisé cet atelier a été le témoignage des femmes de Kachiri, un village à Bunyakiri, qui s’étaient soulevées contre un groupe armé qui y semait terreur et désolation depuis 1994 Ce soulèvement s’est traduit par une marche initiée par ces femmes dont la plupart ont étaient touchées par différentes sensibilisations organisées avec l’accompagnement de APC à travers les structures communautaires de paix précitées

Ce témoignage a été une illustration pratique sur la contribution de la femme aux actions de paix telle que prônée par la Résolution 1325. Avant de formuler des recommandations à l’Etat congolais de prendre ses responsabilités afin d’assurer l’effectivité de son autorité sur cette entité de Bunyakiri, préalable à la paix, les participants à l’atelier ont loué à juste titre la contribution de la femme de Bunyakiri (à plus ou moins 70%) à la recherche de la paix.

Bunyakiri, 14 Mars 2020

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